Chili. Le Plan national de vaccination doit prévoir des vaccins contre le COVID-19 pour toutes les personnes vivant dans le pays

Réagissant à la publication, le 10 février 2021, d’une résolution du ministère de la Santé chilien définissant les personnes pouvant bénéficier du plan de vaccination contre le COVID-19 et excluant de ce plan les personnes n’ayant pas de titre de séjour, Ana Piquer, directrice d’Amnesty International Chili, a déclaré :

« Alors qu’un plan de vaccination globalement réussi et ne semblant laisser personne pour compte était en place, le gouvernement chilien a changé de cap, prenant la voie de la discrimination et des atteintes aux droits des populations vulnérables et abandonnant les bonnes pratiques sanitaires dans son travail en vue de contenir le COVID-19. Non seulement cette résolution porte atteinte à des droits que l’État a l’obligation juridique de protéger, mais elle entraverait de plus l’efficacité même du plan de vaccination. »

Le gouvernement chilien a changé de cap, prenant la voie de la discrimination et des atteintes aux droits des populations vulnérables et abandonnant les bonnes pratiques sanitaires dans son travail en vue de contenir le COVID-19.
Ana Piquer, Amnesty International Chili

Le mois dernier, Amnesty International et plus de 400 militant·e·s et organisations de la société civile ont lancé un appel urgent aux États des Amériques, la région du monde la plus touchée par la pandémie de COVID-19, leur demandant de mettre fin à la « politique nationaliste de vaccination », au titre de laquelle certains pays ne vaccineraient que les personnes en situation régulière dans le pays. Cela bafouerait les obligations des États au titre des normes internationales en matière de droits humains et les bonnes pratiques recommandées par les organismes internationaux de santé et de droits humains.

« Les Amériques sont toujours l’épicentre de la pandémie. Ni le Chili ni aucun autre pays de la région ne sortira rapidement et de manière satisfaisante de cette crise si toutes les personnes n’ont pas accès à tous les services de santé, sans discrimination. Les autorités ont l’obligation de corriger immédiatement cette erreur, afin que toutes les personnes vivant dans le pays, quel que soit leur statut migratoire, puissent avoir accès au vaccin, et afin que le droit à la santé de toutes ces personnes soit respecté », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice régionale pour les Amériques à Amnesty International.