Viêt-Nam. Une éminente défenseure des droits humains a été arrêtée et risque fortement d’être torturée

Réagissant à l’arrestation de Pham Doan Trang, la directrice régionale adjointe pour le travail de campagne à Amnesty International, Ming Yu Hah, a déclaré :

« L’arrestation de Pham Doan Trang est inacceptable. Elle est l’une des grandes figures de la défense des droits humains au Viêt-Nam. Elle est un modèle pour les innombrables jeunes militant·e·s qui réclament un Viêt-Nam plus juste, plus inclusif et plus libre.

L’arrestation de Pham Doan Trang est inacceptable. Elle est l’une des grandes figures de la défense des droits humains au Viêt-Nam. Elle est un modèle pour les innombrables jeunes militant·e·s qui réclament un Viêt-Nam plus juste, plus inclusif et plus libre.
Ming Yu Hah, directrice régionale adjointe pour le travail de campagne à Amnesty International

« Pham Dan Trang risque d’être soumise de façon imminente à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements aux mains des autorités vietnamiennes. Elle doit être libérée immédiatement et sans condition.

« Pham Doan Trang est persécutée en raison de son travail de défense des droits humains depuis son retour au Viêt-Nam en 2015.  Elle a par le passé dû être hospitalisée parce qu’elle avait été soumise à la torture et à des violences liées au genre à la suite de son arrestation en 2018. »

Complément d’information

Selon les récits de témoins, Pham Doan Trang a été arrêtée dans un appartement à Ho Chi Minh-Ville dans la nuit du 6 octobre 2020. Mercredi après-midi, les autorités ont confirmé qu’elle était inculpée au titre de l’article 117 du Code pénal vietnamien, qui réprime « la fabrication, la conservation, la diffusion ou la propagation d’informations, de documents et d’articles contre la République socialiste du Viêt-Nam ». Si elle est déclarée coupable, Pham Doan Trang risque jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.

Pham Doan Trang est une auteure et défenseure des droits humains de renommée internationale qui a été prise pour cible de façon répétée par les autorités vietnamiennes uniquement parce qu’elle a exercé de façon pacifique son droit à la liberté d'expression.

Le 13 juillet, Amnesty International a tiré le signal d’alarme au sujet des menaces dont elle faisait l’objet. Quelque temps auparavant, le 24 juin, le ministère vietnamien de la Sécurité publique avait qualifié les écrits de Pham Doan Trang de « propagande contre l’État », cette information ayant été relayée par un média public.

Pham Doan Trang a été frappée avec une telle violence  par la police qu’elle a été défigurée, pendant sa détention, en 2018 ; elle avait été arrêtée après avoir assisté à un concert.