Les leaders de l’UE qui rencontrent Recep Tayyip Erdoğan doivent partager les responsabilités concernant les personnes en quête d'asile

Dans un contexte de violences et d’atteintes aux droits humains perpétrées contre des personnes à la frontière entre la Grèce et la Turquie, le président turc Recep Tayyip Erdoğan rencontrera dans la soirée du 9 mars le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. À l’approche de cette rencontre, Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes, a déclaré :

« Ces derniers jours, nous avons entendu les témoignages de personnes qui ont été frappées et contraintes de retourner en Turquie après avoir tenté d’entrer en Grèce, certaines ayant été déshabillées et dépouillées de leur argent. Il est impensable que dans l’Union européenne, des personnes soient soumises à un traitement aussi inhumain et volontairement humiliant.

L’UE peut encore changer de cap. Si elle veut réaffirmer ses valeurs fondatrices de droits humains, de solidarité et de dignité, elle doit veiller à ce que tout nouvel accord sur la migration conclu avec le président Recep Tayyip Erdoğan soit axé sur ces valeurs fondamentales.
Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes

« Que la Finlande, la France, l’Allemagne, le Luxembourg et le Portugal aient accepté d’accueillir des mineurs est un bon début. Cependant, d’autres pays doivent consentir à assumer leur part de responsabilité. »

Amnesty International demande à l’UE et à ses États membres de soutenir la Grèce afin de garantir un accès effectif à l’asile et des conditions d’accueil acceptables. Ils doivent partager les responsabilités concernant les personnes en quête d'asile en Grève et en Turquie, en les relocalisant en Europe et en s’engageant à mener de véritables efforts de réinstallation depuis la Turquie.