Kazakhstan. Des dizaines de personnes arrêtées lors de la répression de manifestations pacifiques

Les autorités kazakhes doivent libérer immédiatement et sans condition tous les manifestants pacifiques arrêtés dans le cadre de la répression de masse des manifestations du samedi 22 février 2020, a déclaré Amnesty International. Au moins 70 personnes ont été arrêtées à Almaty lorsque des manifestants sont descendus dans les rues pour demander l’enregistrement des partis d’opposition et la fin de la répression des détracteurs du gouvernement. Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International, a déclaré :

« Le bilan du Kazakhstan en matière de droits humains, qui n’était déjà guère reluisant, vient encore de se dégrader. Cette campagne lâche d’intimidation à l’égard des détracteurs montre à quel point le gouvernement craint la liberté d’expression.

« Le Parti démocratique du Kazakhstan, un parti d’opposition nouvellement formé, a été contraint d’annuler son congrès inaugural samedi 22 février en raison du harcèlement incessant des autorités. Nous appelons également à la libération de toutes les personnes qui ont été arrêtées pour avoir simplement exprimé leur soutien au Parti démocratique ou à d’autres groupes d’opposition.

« Ces tentatives qui visent à écraser les mouvements d’opposition naissants au Kazakhstan sont déplorables. La formation d’un parti politique est une application du droit fondamental à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association. Les autorités kazakhes doivent respecter pleinement ces droits et libérer toute personne emprisonnée dans le cadre d’une manifestation ou pour avoir soutenu l’opposition. »

Complément d’information

Certaines des personnes arrêtées s’affilient au Parti démocratique, non-reconnu officiellement. Le comité organisateur a annoncé l’annulation du congrès inaugural de ce parti, qui était prévu le 22 février 2020, et a appelé ses sympathisant·e·s à participer à des manifestations pacifiques. D’après des représentants du parti, des dizaines de ses sympathisant·e·s ont été victimes de harcèlement et d’autres formes de pression la veille du congrès à Almaty et dans d’autres villes du pays. Au moins 23 personnes ont été placées en détention administrative pour divers motifs fallacieux.