Écrire pour les droits. Amnesty International lance une campagne mondiale qui met en avant de jeunes militant·e·s

Le 18 novembre 2019, Amnesty International a lancé Écrire pour les droits, la plus grande campagne mondiale en faveur des droits humains, qui met en avant cette année les droits de l’enfant et les jeunes militant·e·s.

Cette année, Écrire pour les droits, la campagne phare d’Amnesty International en faveur des droits humains, met en avant de jeunes militant·e·s qui affrontent les pires crises au monde.
Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International

« Cette année, Écrire pour les droits, la campagne phare d’Amnesty International en faveur des droits humains, met en avant de jeunes militant·e·s qui affrontent les pires crises au monde, a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International.

« Qu’ils fassent campagne pour le climat et la justice environnementale, ou se dressent contre les inégalités, la pauvreté, la discrimination et la répression politique, les jeunes sont devenus un puissant moteur de changement et méritent le soutien du monde entier. »

Chaque année en décembre, des personnes des quatre coins de la planète adressent des millions de lettres, de courriels, de tweets, de messages sur Facebook et de cartes postales à celles et ceux dont les droits humains sont menacés. Il s’agit du plus grand événement mondial dans le domaine des droits humains.

Amnesty International espère battre le record de l’an dernier : dans le cadre d’Écrire pour les droits, près de six millions de messages de soutien avaient été envoyés à des militant·e·s et d’autres personnes de 10 pays dont les droits humains étaient attaqués.

Coup de projecteur sur le militantisme des jeunes

Qu’ils fassent campagne pour le climat et la justice environnementale, ou se dressent contre les inégalités, la pauvreté, la discrimination et la répression politique, les jeunes sont devenus un puissant moteur de changement et méritent le soutien du monde entier.
Kumi Naidoo, Amnesty International

En 2019, les jeunes militant·e·s ont joué un rôle de premier plan dans les grands mouvements de protestation et les campagnes en faveur des droits humains, notamment le mouvement de grève pour le climat Fridays for Future, créé par l’adolescente de 16 ans Greta Thunberg, et les manifestations organisées dans de nombreux pays du globe.

L’édition 2019 d’Écrire pour les droits met en lumière des jeunes, dont des défenseur·e·s des droits humains, du Bélarus, du Canada, de Chine, d’Égypte, de Grèce, d’Iran, du Mexique, du Nigeria, des Philippines et du Soudan du Sud.

Le lancement a eu lieu deux jours avant la Journée mondiale de l’enfance, qui promeut les droits de l’enfant, sachant que plusieurs des militant·e·s mis en avant ont vu leurs droits bafoués lorsqu’elles/ils étaient mineurs.

C’est le cas de José Adrián, roué de coups par la police à l’âge de 14 ans alors qu’il rentrait de l’école, au Mexique. Le jeune homme demande réparation pour le traitement qu’il a subi et réclame que la police cesse de procéder à des détentions arbitraires dans l’État du Yucatán.

Citons également les cas suivants :

  • Les jeunes de Grassy Narrows, un groupe de jeunes militant·e·s d’une communauté autochtone du nord-ouest de l’Ontario qui subit l’une des pires crises sanitaires que le Canada ait connues. Le poisson et les cours d’eau dont dépend la population locale sont contaminés au mercure depuis 50 ans. Les jeunes de Grassy Narrows exhortent le gouvernement à traiter définitivement le problème, notamment en fournissant à toutes les personnes concernées des soins médicaux spécialisés et une indemnisation ;
  • Sarah Mardini et Seán Binder, deux sauveteurs bénévoles travaillant à Lesbos (Grèce), qui encourent jusqu’à 25 ans d’emprisonnement pour avoir aidé à repérer des bateaux de personnes réfugiées en détresse ;
  • Yasaman Aryani, qui a été condamnée à 10 ans d’emprisonnement pour avoir défié la législation discriminatoire qui impose le port du voile dans son pays. Amnesty International fait campagne pour sa libération immédiate ;
  • Marinel Ubaldo, une jeune militante des Philippines qui, depuis que le typhon Haiyan a détruit sa maison, exhorte le gouvernement de son pays à déclarer un état d’urgence climatique et à protéger les générations futures des effets dévastateurs du changement climatique.

« La campagne Écrire pour les droits illustre parfaitement les idéaux sur lesquels Amnesty International est fondée : des personnes viennent en aide à d’autres. Nous appelons à soutenir ces jeunes remarquables qui défendent la justice, l’égalité et la liberté, a déclaré Kumi Naidoo.

« Rédiger des lettres est une action efficace, le travail que nous menons depuis 50 ans l’a prouvé. Cela peut non seulement contribuer à la libération de prisonniers et prisonnières d’opinion mais aussi grandement influer sur le moral des personnes que nous soutenons et de leurs proches. »

Monica Benício, la compagne de Marielle Franco, une personnalité politique locale du Brésil qui a été tuée l’an dernier et apparaissait dans la dernière édition d’Écrire pour les droits, a déclaré au sujet de la campagne :

« Ça m’aide à me lever le matin et à trouver du sens de savoir qu’il existe ce grand réseau mondial d’affection.

« Toutes ces démonstrations d’amour et d’affection nous aident à nous mobiliser, à réclamer la justice, à faire pression pour qu’une enquête soit menée et, surtout, à nous battre pour que plus personne ne subisse le même sort que Marielle. »