Une amende record aux États-Unis expose le mépris de Google pour la vie privée des enfants

Cette amende record expose la gangrène qui se trouve au cœur du modèle économique de Google, qui repose sur le recueil et la monétisation des données personnelles, dans un total mépris pour la vie privée.
Joe Westby, chercheur d’Amnesty International sur les mégadonnées à Amnesty Tech

En réaction aux informations selon lesquelles Google a accepté de payer un montant record de 170 millions de dollars américains (153 millions d’euros) dans le cadre d’un règlement suite à une plainte déposée par les régulateurs américains, alléguant que Google avait collecté illégalement les données personnelles de mineurs sur sa plateforme YouTube, Joe Westby, chercheur d’Amnesty International sur les mégadonnées à Amnesty Tech, a déclaré :

« Cette amende record expose la gangrène qui se trouve au cœur du modèle économique de Google, qui repose sur le recueil et la monétisation des données personnelles, dans un total mépris pour la vie privée. Un problème majeur réside dans le fait que les pratiques de publicité en ligne sont complexes et secrètes, de sorte que les gens ne peuvent pas donner leur consentement éclairé sur la manière dont leurs données personnelles sont utilisées.

« Les géants du numérique en tirent profit en bafouant le droit à la vie privée des citoyens. Nous l’avons déjà constaté avec Facebook et aujourd’hui Google, tous deux empêtrés dans des révélations sur le ciblage des enfants et l’utilisation de sites cachés et secrets destinés à collecter des données. Il s’agit d’un problème systémique au sein des grandes entreprises technologiques centrées sur la surveillance et elles s’en tirent sans être inquiétées depuis trop longtemps.

« L’amende fixée aujourd’hui, si elle est bienvenue, est une goutte d’eau dans l’océan pour une entreprise dont le chiffre d’affaires s’élevait à près de 140 milliards de dollars en 2018. Les gouvernements doivent redoubler d’efforts afin de remédier aux risques sous-jacents relatifs aux droits humains que représente une surveillance d’une telle ampleur exercée par les entreprises. »

Complément d’information

Mercredi 4 septembre, les régulateurs américains ont passé un accord avec Google portant sur un montant de 170 millions de dollars et ordonné des modifications de la politique de confidentialité sur YouTube, lorsqu’il a été découvert que le géant technologique avait recueilli des informations personnelles sur des enfants sans le consentement de leurs parents.

En réaction à l’accord conclu par la FTC (Federal Trade Commission), le PDG de YouTube a déclaré que l’entreprise allait désormais limiter le recueil et l’utilisation de données pour les contenus destinés aux enfants sur la plateforme et cesser de diffuser des publicités personnalisées sur ces contenus.

Le même jour, la firme a été accusée d’utiliser des sites Internet secrets et cachés pour collecter des informations personnelles, selon un article paru dans le Financial Times.

Réagissant à cet article, un porte-parole de Google a déclaré : « Nous ne diffusons pas de publicités personnalisées et n’envoyons pas de demandes d'offres aux acheteurs sans le consentement de l’utilisateur. » Il a ajouté que Google coopère avec les investigations menées en Irlande et au Royaume-Uni sur ses activités publicitaires.

Les États sont tenus de protéger les droits humains dans le contexte des activités des entreprises, notamment par le biais de la réglementation et du contrôle. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités. Aussi doivent-elles éviter de causer des atteintes aux droits humains ou d’y contribuer et prendre des mesures afin d’identifier et de gérer les risques relatifs aux droits humains dans le cadre de leurs opérations.