Sri Lanka. L’interdiction de porter un voile couvrant le visage risque de stigmatiser les femmes musulmanes

En réaction aux dispositions d’urgence prises au Sri Lanka interdisant le port de tout vêtement qui dissimule le visage, Dinushika Dissanayake, directrice adjointe pour l’Asie du Sud à Amnesty International, a déclaré :

« À un moment où de nombreux musulmans au Sri Lanka craignent des représailles, imposer une interdiction qui cible dans la pratique les femmes portant un voile qui couvre le visage pour des raisons religieuses risque de les stigmatiser. Elles seront éloignées de fait de l’espace public et devront rester à la maison, sans pouvoir travailler, étudier ni avoir accès aux services élémentaires. Cette interdiction bafoue leurs droits à la non-discrimination, à la liberté d’expression et à la liberté de religion.

« Face à des préoccupations légitimes en termes de sécurité, les autorités peuvent procéder à des contrôles d’identité en cas de nécessité objective. Il est important que l’État prenne des mesures qui respectent les droits humains. Les femmes ont le droit de choisir comment elles souhaitent s’habiller, quelles que soient leurs croyances. Les obliger à retirer le voile masquant leur visage est coercitif et humiliant. »

Complément d’information

La réglementation d’exception modifiée est entrée en vigueur le 29 avril 2019, au lendemain du massacre du dimanche de Pâques qui a fait plus de 250 morts dans le cadre des attentats dirigés contre trois églises et trois hôtels. Depuis ces attentats, la petite communauté musulmane du Sri Lanka se prépare à des réactions violentes, tandis que des réfugiés provenant de communautés musulmanes ou de pays à majorité musulmane ont été agressés par des foules radicales.