Bahreïn. De sinistres violations des droits humains derrière les paillettes du Grand Prix automobile

À l’approche du Grand Prix de Bahreïn de Formule 1, qui aura lieu ce week-end (du vendredi 29 au dimanche 31 mars), Amnesty International attire l’attention sur le sinistre bilan du pays en matière de droits humains.

Samah Hadid, directrice du travail de campagne pour le Moyen-Orient, a déclaré :

Derrière les paillettes de ce Grand Prix de F1 se cache la sinistre réalité d’un pays placé sous la férule d’un État extrêmement répressif, où toute personne qui critique le gouvernement peut être emprisonnée, ne serait-ce qu’en raison de la publication d’un tweet.
Samah Hadid, directrice du travail de campagne pour le Moyen-Orient

« Derrière les paillettes de ce Grand Prix de F1 se cache la sinistre réalité d’un pays placé sous la férule d’un État extrêmement répressif, où toute personne qui critique le gouvernement peut être emprisonnée, ne serait-ce qu’en raison de la publication d’un tweet.

« D’éminents défenseurs des droits humains sont attaqués de façon incessante dans le pays. Nabeel Rajab a été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour avoir publié un tweet au sujet du conflit au Yémen et d’allégations d’actes de torture dans la prison de Jaw.

D’éminents défenseurs des droits humains sont attaqués de façon incessante dans le pays.
Samah Hadid, Amnesty International

« Au lieu de se fabriquer une image flatteuse grâce au sport, et de masquer un très sombre bilan en matière de droits humains en utilisant un sport de vitesse, le gouvernement de Bahreïn devrait immédiatement abroger les lois qui répriment pénalement la liberté d'expression, et accélérer le processus de remise en liberté des prisonniers d'opinion. »

Complément d’information

Depuis mi-2016, les autorités bahreïnites mènent une campagne systématique visant à supprimer les mouvements d'opposition organisés dans le pays. Les principales cibles de cette répression tous azimuts sont les défenseurs des droits humains, les journalistes, les militants politiques, les dignitaires chiites et les militants pacifiques. Les dirigeants politiques de la communauté chiite, majoritaire, ont été visés de façon disproportionnée, et aucun dirigeant politique chiite d'envergure nationale n'a été épargné par les mesures d'arrestation, d'emprisonnement ou de privation de la nationalité bahreïnite.

Au début du mois, Ebrahim Sharif a été condamné à six mois d’emprisonnement, assortis d’un sursis de trois ans, en raison d’un tweet critiquant le président soudanais Omar el Béchir. Sheikh Ali Salman, dirigeant d’al Wefaq, le principal groupe politique d’opposition, a été condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité en raison de ses opinions considérées comme critiques à l’égard des autorités.

Bahreïn utilise une législation draconienne comprenant, entre autres, la Loi n°58 de 2006 sur la protection de la société contre les actes terroristes, la Loi sur les associations politiques, et des dispositions répressives du Code pénal telles que les articles 134, 160, 165, 168, 214, 215, 216 et 310, pour s’en prendre aux manifestants et aux autres personnes qui critiquent le gouvernement.

Depuis 2011, plus de 800 personnes ont été privées de leur nationalité. De plus, 115 d’entre elles ont perdu leur citoyenneté à la suite d’un procès collectif absurde reposant sur des « aveux » extorqués au moyen de la torture.

Dans la tristement célèbre prison de Jaw, les détenus sont privés de soins médicaux. Dans certains cas, des personnes souffrant de graves maladies telles que le cancer, la sclérose en plaques ou la drépanocytose ont été privées de médicaments et de soins spécialisés.