Taïwan. La première exécution sous la présidence de Tsai Ing-wen ruine les espoirs d'abolition

En réaction à l'exécution d'un homme de 39 ans à Taïwan le 31 août – la première depuis l'arrivée au pouvoir de la présidente Tsai Ing-wen en 2016 – Annie Huang, directrice par intérim de la section d'Amnesty International Taïwan, a déclaré :

« Nous sommes profondément déçus que Taïwan ait décidé de renouer avec l'application de ce châtiment cruel, d'autant que la présidente Tsai Ing-wen avait clairement fait savoir que son gouvernement visait à abolir la peine de mort.

« Cette promesse sonne désormais bien creux. L'exécution du 31 août est un terrible revers pour le mouvement abolitionniste à Taïwan et vient ternir la présidence de Tsai Ing-wen.

« La peine capitale représente la pire forme de privation des droits humains et ne pourra jamais garantir la justice ni l'obligation de rendre des comptes. Nous demandons une nouvelle fois aux autorités taïwanaises d'instaurer un moratoire officiel sur les exécutions, qui serait un premier pas sur la voie de l’abolition totale de la peine capitale. »

Lee Hung-chi, reconnu coupable de meurtre en 2014, a été fusillé par un peloton d'exécution dans l'après-midi du 31 août.

Initialement condamné à la réclusion à perpétuité par le tribunal de district de Kaohsiung, il a ensuite été condamné à la peine capitale par la Haute Cour de Taïwan – une décision confirmée par la Cour suprême en 2016.

La peine de mort est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit. Amnesty International y est opposée en toutes circonstances, sans exception, indépendamment des questions relatives à la culpabilité ou à l’innocence et quels que soient l'accusé, le crime commis et la méthode d’exécution.