Russie. Il faut abandonner les poursuites pour trafic de stupéfiants engagées contre la mère d’un enfant gravement malade

Réagissant à l’information selon laquelle la mère d’un enfant souffrant d’une maladie incurable encourt huit ans de prison en Russie pour avoir proposé de vendre des médicaments antiépileptiques à d’autres parents en ayant besoin, Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International, a déclaré :

« Les poursuites engagées contre Ekaterina Konnova illustrent l’inhumanité du système pénal russe, qui place les statistiques de la lutte contre la drogue au-dessus de la dignité humaine et de l’intérêt du public. Les autorités russes devraient protéger les membres vulnérables de la société, pas les voir comme des cibles faciles dans le but d’accroître leurs chiffres.

Les poursuites engagées contre Ekaterina Konnova illustrent l’inhumanité du système pénal russe, qui place les statistiques de la lutte contre la drogue au-dessus de la dignité humaine et de l’intérêt du public.
Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International

« Même la "découverte" de cette infraction, par un policier infiltré qui recherchait des "criminels" sur des forums en ligne de parents d’enfants gravement malades, est répréhensible, en particulier parce que c’est la politique de santé de l’État russe qui pousse les parents à rechercher des médicaments vitaux en ligne.

« Si elle est déclarée coupable et emprisonnée, Ekaterina perdra la garde de ses enfants. Cela signifie que son aîné, Elisseï, sera placé dans un orphelinat géré par l'État et que son plus jeune fils, Arseny, finira ses jours dans une clinique sans recevoir les soins et les médicaments dont il a besoin. »

Complément d’information

C’est l’organisation caritative House with Beacon qui a évoqué en premier les poursuites engagées contre Ekaterina Konnova, mère seule de deux enfants.

La police de Moscou a mené une opération d’infiltration et arrêté cette femme en juin 2018. Elle a été accusée de trafic de stupéfiants pour avoir essayé de vendre cinq tubes de gel rectal contenant du diazépam pour enfant qui lui restaient ; ce médicament n’est pas autorisé en Russie, et elle l’avait proposé à d’autres parents d’enfants atteints de maux incurables au sein d’un groupe privé en ligne.

Elle avait précédemment acheté ces médicaments sur le même forum et les avait utilisés pour traiter les crises d’épilepsie d’Arseny, son fils.

La plupart des médicaments antiépileptiques pour enfants n’étant pas autorisés en Russie, les parents sont forcés de les acheter à l’étranger ou sur le marché noir.

Arseny, âgé de six ans, présente une atrésie de l'œsophage (absence d’œsophage) et une paralysie cérébrale depuis sa naissance. Il est hospitalisé dans un centre de soins palliatifs. Ekaterina a un autre fils, Elisseï, qui a 15 ans.