Mexique. Les autorités doivent réorienter l’enquête sur la disparition forcée de 43 étudiants

En réaction aux informations relayées par les médias au sujet de l’existence d’enregistrements audio où l’on peut entendre des membres d’organisations criminelles au Mexique et aux États-Unis qui seraient impliqués dans la disparition forcée de 43 étudiants d’Ayotzinapa en septembre 2014, Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amérique d’Amnesty International, a déclaré :

« Les révélations donnant à penser que l’agression des étudiants et d’autres personnes aurait pu être orchestrée depuis les États-Unis par des membres du crime organisé devraient amener le gouvernement mexicain à enfin abandonner sa théorie discréditée sur cette affaire et à s’engager à mener sans délai une enquête sérieuse sur les faits, y compris sur l’ensemble des autorités susceptibles d’être impliquées. Le moment est venu pour le Bureau du procureur général de revoir son enquête et de recueillir tous les éléments de preuve disponibles. »

Les révélations donnant à penser que l’agression des étudiants et d’autres personnes aurait pu être orchestrée depuis les États-Unis par des membres du crime organisé devraient amener le gouvernement mexicain à enfin abandonner sa théorie discréditée sur cette affaire et à s’engager à mener sans délai une enquête sérieuse sur les faits
Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amérique d’Amnesty International

« Les informations rendues publiques ce jeudi 12 avril renforcent les conclusions du Groupe interdisciplinaire d’experts indépendants qui, depuis 2015, insiste sur la nécessité d’enquêter sur l’implication possible de groupes criminels évoluant sur les marchés illicites de stupéfiants internationaux, considérant qu’il s’agit d’une pièce maîtresse de l’affaire. Ces trois dernières années, le Bureau du procureur général n’a pas enquêté de manière satisfaisante sur cette piste, dans ce qui semble être une nouvelle tentative de dissimulation de l’évidente vérité, à savoir que cette affaire prouve l’existence d’un vaste réseau de complicité mêlant les autorités à tous les niveaux de l’État mexicain, qui a rendu possible la commission de violations des droits humains et de crimes de droit international. »