Madagascar. Il faut enquêter sur les mauvais traitements infligés par des policiers à des villageois

En réaction à une vidéo montrant des policiers malgaches frapper et humilier des dizaines de villageois dans la localité où, en février 2017, des responsables de l'application des lois s'en étaient pris à des habitants et avaient mis le feu à leurs maisons, en riposte à la mort de deux policiers, Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe, a déclaré :

« Le comportement de la police, tel qu'on peut le voir dans la vidéo, est scandaleux et condamnable. Ces brutalités témoignent du mépris dont fait preuve la police à Madagascar à l'égard de la vie humaine.

Le comportement de la police, tel qu'on peut le voir dans la vidéo, est scandaleux et condamnable. Ces brutalités témoignent du mépris dont fait preuve la police à Madagascar à l'égard de la vie humaine.
Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe

 

« Il est totalement inacceptable que des policiers malgaches infligent des mauvais traitements et des violences aux citoyens qu'ils ont le devoir de protéger. Rien ne saurait justifier de frapper des personnes avec des bâtons, de les contraindre à se mettre face contre terre ou de les obliger à avancer sur les genoux.

« Les autorités doivent mener dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur le comportement de la police et traduire en justice les policiers soupçonnés d'être responsables de tels actes, dans le respect des normes internationales. Elles doivent aussi accorder des réparations aux victimes. »

Complément d’information

Le 22 février 2017, des policiers ont incendié cinq villages de la commune d’Antsakabary, dans le nord de Madagascar, quatre jours après que deux de leurs collègues ont été tués, semble-t-il, par des villageois. Une femme âgée, incapable de s’enfuir, avait succombé à ses brûlures lors de l'attaque.

Les deux policiers étaient venus interpeller des villageois accusés d'avoir volé un canard, mais s’étaient retrouvés face à des villageois qui les accusaient de racket, ce qui avait entraîné des violences.

La vidéo de ces brutalités policières, mise en ligne sur Facebook, a été vérifiée par Amnesty International.