Zimbabwe. Il faut enquêter sur le rôle de la police dans l'homicide de deux personnes lors de violences liées à une directive sur les taxi-bus

En réaction aux allégations selon lesquelles la police zimbabwéenne a ouvert le feu et tué deux personnes lors d'affrontements déclenchés par la décision des autorités d'interdire l'entrée des taxi-bus dans le quartier des affaires de Harare, Cousin Zilala, directeur d'Amnesty International Zimbabwe, a déclaré :

Le gouvernement zimbabwéen doit immédiatement ordonner à la police de faire preuve de retenue et de ne pas faire usage d'une force excessive, en particulier contre des manifestants non armés.
Cousin Zilala, directeur d'Amnesty International Zimbabwe

« Le gouvernement zimbabwéen doit immédiatement ordonner à la police de faire preuve de retenue et de ne pas faire usage d'une force excessive, en particulier contre des manifestants non armés. Les autorités doivent diligenter dans les meilleurs délais une enquête indépendante et impartiale sur ces homicides et poursuivre en justice les policiers présumés responsables d'actes illégaux ou de violations des droits humains.

« Les Zimbabwéens ont le droit de vaquer à leurs occupations quotidiennes sans craindre que la police n'utilise une force injustifiée ou excessive. Et la police a le devoir d'agir avec précaution dans toutes les situations conflictuelles, en vue de protéger la vie des personnes présentes.

Les autorités doivent diligenter dans les meilleurs délais une enquête indépendante et impartiale sur ces homicides et poursuivre en justice les policiers présumés responsables d'actes illégaux ou de violations des droits humains.
Cousin Zilala

« Aux termes du droit international et des normes internationales, les responsables de l’application des lois ne doivent recourir à la force que lorsqu'ils ne peuvent l'éviter, et de manière proportionnée à la gravité de la situation. Les armes à feu ne doivent être utilisées qu'en cas de légitime défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente ou une blessure grave. »

Complément d’information

Jeudi 22 février, la police du Zimbabwe a commencé à faire appliquer la directive des autorités locales, qui interdit aux minibus de prendre des passagers dans le quartier des affaires de Harare, une mesure prise dans le but de « décongestionner » la ville.

Le ministère du Gouvernement local, des Travaux publics et du Logement national a par la suite donné l'ordre de stopper l'opération, suscitant une confusion qui s'est traduite par des violences entre la police, les conducteurs de minibus et la population.