Kenya. L’interdiction des manifestations ne doit pas légitimer la répression policière

À la suite de la décision du gouvernement kenyan d’interdire les manifestations dans le centre-ville des trois principales villes du pays (Nairobi, Mombasa et Kisumu), Michelle Kagari, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l'Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs, a déclaré :

« Cette interdiction, annoncée à deux semaines d’une nouvelle élection présidentielle tendue, risque de donner lieu à une répression policière brutale.

« Ce type d’interdiction totale n’est justifiable que dans les circonstances les plus extrêmes où la police ne pourrait pas assurer l’ordre public et la sécurité de la population autrement.

« Si des personnes continuent néanmoins de se rassembler pour manifester, les autorités du Kenya doivent veiller à ce que la réponse de la police respecte le droit international et les normes internationales en matière de droits humains et d’application des lois. Les policiers doivent notamment s’efforcer d’éviter le recours à la force, qu’ils ne sont autorisés à utiliser qu’en cas de nécessité absolue et dans la mesure exigée par l’application des lois. Cette interdiction ne doit pas leur servir de feu vert pour réprimer violemment les sympathisants de l’opposition. »

Lors de l’annonce de l’interdiction jeudi 12 octobre à Nairobi, le ministre de l’Intérieur par intérim, Fred Matiang'i, a indiqué qu’elle faisait suite à un « risque manifeste, actuel et imminent de troubles à l’ordre public » et que l’inspecteur général de la police avait été informé en conséquence. L’interdiction survient un jour après que la Super Alliance Nationale (NASA), coalition de l’opposition, a appelé à des manifestations quotidiennes pour demander que la composition de la commission électorale soit modifiée.