Mozambique. Condamner un universitaire et un rédacteur pour un billet publié sur Facebook établirait un dangereux précédent

Les autorités du Mozambique doivent abandonner immédiatement et sans condition les charges pénales retenues contre Carlos Nuno Castel-Branco et Fernando Mbanze, en raison d'un billet publié sur Facebook qui critiquait le président de l'époque, a déclaré Amnesty International mardi 15 septembre, alors que le tribunal doit rendre sa décision finale sur l'affaire le 16 septembre. 

« Les accusations portées à leur encontre sont une parodie de justice. Les deux hommes ont simplement exercé leur droit à la liberté d'expression en donnant leur avis sur la gouvernance du Mozambique, dans un journal et sur les réseaux sociaux . Ce n'est assurément pas un crime », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe. 

Les accusations portées à leur encontre sont une parodie de justice. Les deux hommes ont simplement exercé leur droit à la liberté d'expression en donnant leur avis sur la gouvernance du Mozambique, dans un journal et sur les réseaux sociaux . Ce n'est assurément pas un crime.
Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe

L'économiste Carlos Nuno Castel-Branco est inculpé de crime contre la sûreté de l'État pour avoir publié un commentaire sur Facebook en novembre 2013, dans lequel il remettait en cause la manière dont l'ancien président Armando Guebuza avait dirigé le Mozambique. Il encourt jusqu’à deux ans de prison s’il est reconnu coupable.

Fernando Mbanze est le rédacteur en chef du journal MediaFax. Il est accusé d’avoir bafoué la liberté de la presse en vertu de l’article 42 de la Loi sur la presse et de la Loi sur la sûreté de l’État, pour avoir reproduit sous forme de lettre ouverte dans MediaFax le billet posté sur Facebook par Carlos Nuno Castel-Branco. Ces deux hommes ont comparu devant le tribunal le 31 août. 

« Les autorités du Mozambique doivent abandonner les accusations à caractère politique portées contre ces deux hommes car elles constituent des actes de harcèlement et d'intimidation et portent atteinte à leur droit à la liberté d'expression et à la liberté de la presse, a déclaré Deprose Muchena. 

« S'en prendre à des citoyens parce qu'ils publient des opinions légitimes sur les réseaux sociaux est une réaction excessive des autorités, et établit un précédent dangereux. Les autorités doivent créer un environnement sain, permettant aux citoyens d'exercer pacifiquement leurs droits humains et d'échanger des informations et des opinions, tant qu'ils ne blessent personne. »