Crise en Méditerranée. La visite de représentants de l’ONU et de l’UE doit inciter à une refonte de la politique migratoire

Le voyage de « solidarité » organisé lundi 27 avril par de hauts représentants des Nations unies et de l’Union européenne (UE) sur un navire de la marine italienne au large des côtes siciliennes doit inciter les gouvernements de l’UE à élargir la zone d’opérations de l’Opération Triton et à remanier les politiques de migration et d’asile, en vue de juguler la catastrophe humanitaire que connaît la mer Méditerranée, a déclaré Amnesty International.

Le 26 avril, une délégation d’Amnesty est revenue de sa mission en Sicile et à Lampedusa, où elle a recueilli des témoignages poignants de survivants de récents naufrages et où elle a rencontré des représentants locaux de l’État qui se sont dits indignés par l’approche étriquée des dirigeants européens en matière d’opérations de recherche et de sauvetage.

Points à aborder : 

  •     Amnesty International a assisté au cours du week-end au débarquement de plus de 300 migrants d’un navire de la marine italienne dans le port d’Augusta, en Sicile.
  •     Amnesty International a pu s’entretenir avec les survivants de récents naufrages et d’opérations de sauvetage.
  •     Amnesty a recueilli des témoignages puissants de survivants nouvellement débarqués, à Lampedusa comme à Augusta.
  •     On craint que 1 700 migrants ne soient morts en mer Méditerranée depuis le début de l’année 2015 – 100 fois plus qu’au cours de la même période en 2014.
  •     Malgré les engagements pris par l’Union européenne et ses États membres le 23 avril de renforcer le budget et les moyens de l’Opération Triton, des questions demeurent quant à sa zone d’opérations. Tant qu’elle ne couvre pas la zone que couvrait la précédente opération italienne Mare Nostrum, c’est-à-dire plus près du secteur où se déroulent la majorité des naufrages, d’autres vies seront perdues.

Complément d’information

Lundi 27 avril, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et Federica Mogherini, Haute représentante aux affaires étrangères et à la sécurité de l’Union européenne et vice-présidente de la Commission européenne, rejoindront le Premier ministre italien Matteo Renzi à bord du navire de la marine italienne San Giusto, au large de la Sicile. Selon une déclaration de la Commission européenne, le but de cette mission est d’évaluer la situation et de contribuer à organiser la solidarité européenne concernant les efforts entrepris pour sauver la vie des migrants qui traversent la Méditerranée.

Amnesty International vient de publier une synthèse intitulée La honte de l’Europe – Des réfugiés et migrants continuent de mourir en mer, dans laquelle elle demande aux gouvernements européens de prendre des mesures immédiates et efficaces pour mettre fin à la catastrophe qui coûte la vie à des milliers de réfugiés et de migrants.