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Côte d'Ivoire : la CEDEAO doit placer la protection des droits humains au cœur de son mandat de médiation

Amnesty International a souligné à quel point il était important que la protection des droits humains soit au cœur des efforts menés par les médiateurs de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui doivent retourner en Côte d'Ivoire le 3 janvier pour tenter de mettre fin à la crise qui secoue ce pays. La Côte d'Ivoire est dans une impasse politique depuis l'élection présidentielle controversée du 28 novembre 2010. « Les gens vivent dans la crainte d'être abattus, arrêtés ou enlevés par les forces de sécurité ou des miliciens proches de Laurent Gbagbo », a déclaré Erwin Van Der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty International. « La CEDEAO doit envoyer un signal fort indiquant que tout doit être fait pour assurer le respect et la protection des droits humains de chacun. Toutes les allégations d'atteintes graves aux droits humains doivent faire l'objet d'enquêtes indépendantes. » Amnesty International a reçu des informations faisant état d'exécutions extrajudiciaires, d'arrestations arbitraires, d'enlèvements et de disparitions forcées commises principalement par les forces de sécurité et les milices loyales à Laurent Gbagbo, dont les Nations unies ont déclaré qu'il avait perdu l'élection mais qui refuse de transmettre le pouvoir. L'ONU a affirmé qu'au moins 173 personnes avaient été tuées lors des violences qui ont suivi le scrutin et que plus de 14 000 personnes avaient fui la Côte d'Ivoire pour aller se réfugier dans les pays voisins, au Liberia notamment. Amnesty International est également très préoccupée par les attaques récentes contre l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui tente d'enquêter sur des allégations de violations des droits humains. Le 28 décembre 2010, des membres des forces de sécurité ont empêché des représentants de l'ONUCI de se rendre à N'Dotré, à la périphérie de la ville d'Abidjan, où des dizaines de corps auraient été enterrés.   Ce même jour, un convoi de l'ONUCI a été attaqué dans le quartier de Yopougon à Abidjan et un soldat bangladais a été blessé au bras avec une machette. Mercredi 29 décembre, une autre patrouille de l'ONUCI a essuyé des tirs dans la commune d'Abobo à Abidjan. « Les médiateurs de la CEDEAO doivent condamner les attaques menées contre l'ONUCI et exiger que les forces de maintien de la paix puissent mener en toute sécurité leur mission de surveillance et de protection des droits humains », a déclaré Erwin Van Der Borght. Lors d'une conférence de presse à Abidjan le 29 décembre, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy, a attribué les attaques contre ses forces à « la propagande » et aux « appels à la haine » diffusés par les médias d'État ivoiriens. Amnesty International demande à la CEDEAO de réitérer qu'aucun responsable politique ivoirien ne doit inciter à la perpétration de violations des droits humains ou d'autres violences, et de faire savoir que les auteurs de tels actes pourraient être appelés à répondre de leurs actes devant la Cour pénale internationale (CPI).