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Les autorités tunisiennes exhortées à libérer ou inculper des militants arrêtés

Les autorités tunisiennes doivent soit libérer soit inculper dans les plus brefs délais les deux hommes qui ont été arrêtés après que l'un d'entre eux eut accordé des interviews aux médias au sujet de l'actuel mouvement de protestation, a déclaré ce jour Amnesty International.Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens, formation politique interdite, a été arrêté à son domicile à Tunis le 12 janvier. Une vingtaine de membres des services de sécurité présidentiels seraient venus arrêter cet homme ainsi que Mohamed Mzem, un avocat, et Mounia Obaid, une amie.Les proches d'Hamma Hammami pensent qu'il a été arrêté parce qu'il avait parlé du mouvement de protestation avec des journalistes. « Les autorités tunisiennes doivent libérer Hamma Hammami et Mohamed Mzem à moins qu'elles ne les inculpent rapidement d'une infraction prévue par la loi en garantissant le respect des normes d'équité des procès », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. L'appel lancé par Amnesty International intervient dans le contexte de la poursuite des troubles qui secouent la Tunisie et au cours desquels de nombreuses personnes ont été blessées ou tuées.« Les autorités doivent immédiatement révéler où se trouvent Hamma Hammami et Mohamed Mzem et permettre à ces deux hommes d'avoir accès à leur famille et aux avocats de leur choix », a ajouté Malcolm Smart.« Nous ignorons actuellement où les deux hommes sont détenus, ce qui incite davantage encore à penser qu'ils risquent peut-être d'être torturés ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements. »En septembre 2009, Hamma Hammami a été agressé physiquement à l'aéroport de Tunis par des hommes qui, semble-t-il, étaient des policiers en civil, alors qu'il rentrait d'un séjour en France au cours duquel il avait critiqué le gouvernement tunisien lors d'interviews accordées à Al Jazeera Mubasher et France 24. Il était entré dans la clandestinité en octobre 2009 car il craignait d'être arrêté arbitrairement à la suite d'une convocation par la brigade criminelle de la police, et n'en était sorti que récemment. Sa femme et ses enfants ont eux aussi été harcelés par des agents des services de sécurité.Au cours des dernières semaines les mouvements de protestation se sont intensifiés en Tunisie après le suicide, le 17 décembre 2010, d'une jeune diplômé de 26 ans au chômage. Les manifestants réclament des emplois, de meilleures conditions de vie et la fin de la corruption. Le gouvernement a réagi par la manière forte et la police a été accusée d'avoir ouvert le feu sur les manifestants et fait de nombreux morts et blessés. De nombreuses personnes ont par ailleurs été arrêtées, notamment des journalistes et des bloggeurs.