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Nouvel appel en faveur d'un britannique détenu sans inculpation depuis un an en Irak

La femme d'un britannique détenu sans inculpation depuis un an en Irak demande au gouvernement du Royaume-Uni d'intensifier ses efforts afin d'obtenir la libération de son mari. Ramze Shihab Ahmed, 68 ans, possède la double nationalité irakienne et britannique et réside au Royaume-Uni depuis 2002. Il a été arrêté le 7 décembre 2009 à Mossoul, au domicile d'un proche, par des agents des services de sécurité irakiens. Ramze Shihab Ahmed, qui s'était rendu en Irak dans le but d'obtenir que son fils Omar soit libéré de prison, a d'abord été détenu dans le secret le plus total pendant quatre mois avant de pouvoir téléphoner à sa femme à Londres. Il lui a décrit les actes de torture auxquels il était soumis. Il a notamment dit qu'il avait reçu des décharges électriques dans les organes génitaux et qu'on lui avait placé des sacs en plastique sur la tête afin qu'il suffoque. Amnesty International a lancé une campagne réclamant la libération de Ramze Shihab Ahmed, à moins qu'il ne soit inculpé d'une infraction dûment reconnue par la loi et jugé équitablement, et insistant pour qu'une enquête minutieuse soit menée sur les actes de torture dont il aurait été victime. Les sympathisants de l'organisation ont envoyé quelque 6 000 messages au ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, pour lui demander de faire pression sur les autorités irakiennes afin qu'elles veillent à ce que Ramze Shihab Ahmed soit traité conformément aux normes internationales en matière de droits humains et à la constitution irakienne. La femme de Ramze Shihab Ahmed, Rabiha al Qassab, 63 ans, a été assistante pédagogique. Elle a déclaré à Amnesty International : « Je n'arrive pas à croire que mon mari a passé toute une année en prison comme ça. C'est honteux, ce qu'ils lui font. Il ne sait même pas de quoi il est accusé. » « Un juge irakien a récemment rendu visite à mon mari et lui a assuré que les “aveux” que les personnes qui l'interrogeaient ont obtenus en le torturant ne seront pas retenus comme preuve et qu'une nouvelle enquête va être menée sur cette affaire. » « Ce sont de bonnes nouvelles, mais je veux voir les Irakiens dire soit qu'ils l'inculpent, soit - et c'est plus probable - qu'ils le relâchent. » « C'est aussi ce que devrait dire le Royaume-Uni. J'apprécie le fait que William Hague ait évoqué cette affaire avec les autorités irakiennes, mais j'aurais vraiment aimé qu'il soit fait plus d'efforts maintenant qu'un an a passé. » « Pourquoi monsieur Hague n'a-t-il pas pu insister pour qu'il soit libéré ou inculpé en bonne et due forme avant Noël ? » Kate Allen, directrice de la section britannique d'Amnesty International, a déclaré : « Cette affaire révoltante dure depuis bien trop longtemps et les autorités irakiennes doivent absolument la résoudre dans les plus brefs délais. » « Cet homme et sa famille ont assez souffert. Les allégations concernant les actes de torture doivent faire l'objet d'une enquête et Ramze Shihab Ahmed doit être libéré ou dûment inculpé. Le plus tôt sera le mieux. » À la suite de son arrestation, en décembre 2009, Ramze Shihab Ahmed a d'abord été placé en détention dans une prison secrète sur le site de l'ancien aéroport de Muthanna, à Bagdad, avant d'être transféré dans la prison d'al Rusafa, elle aussi à Bagdad, où il est encore. Il a été interrogé sur des liens présumés qu'il entretiendrait avec Al Qaïda et aurait été contraint à faire de faux aveux après avoir été torturé et alors qu'il avait les yeux bandés. Le traitement auquel a été soumis Ramze Shihab Ahmed au début de sa détention équivaut à une disparition forcée. Amnesty International estime que les autorités irakiennes doivent le considérer ainsi et enquêter de manière approfondie sur ces faits. En novembre 2010, l'Irak a ratifié la convention des Nations unies contre les « disparitions » (Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées). En septembre, Amnesty International avait publié un rapport indiquant que, selon les estimations, 30 000 personnes seraient maintenues en détention en Irak sans avoir été jugées. Beaucoup étaient auparavant détenues par les États-Unis et ont été récemment transférées sous la garde des autorités irakiennes. On craint que nombre de ces détenus, à l'instar de Ramze Shihab Ahmed, aient été victimes d'actes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements. Des milliers de personnes sont maintenues en détention en dépit de décisions de justice ordonnant leur remise en liberté, et de la loi d'amnistie irakienne de 2008 prévoyant la libération de tous les détenus n'ayant toujours pas été inculpés six à douze mois après leur arrestation.