Yémen : la communauté chiite a été la cible d’un attentat

Amnesty International condamne l’attentat perpétré au Yémen mercredi 24 novembre 2010 qui aurait fait au moins 17 morts et 15 blessés. Les victimes étaient en route pour célébrer une fête chiite dans la ville d’al Zahir, dans le nord du pays. On ignore qui sont les auteurs de cet attentat. Selon les médias, certains représentants de l’État yéménite soupçonnent al Qaïda d’en être responsable.« Quiconque a commis cet attentat a vraisemblablement cherché à aviver les tensions dans les régions du nord du Yémen déchirées par un conflit, en infligeant de lourdes pertes parmi les participants de la fête chiite zaïdite, a indiqué Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. « De telles attaques sont absolument prohibées par le droit international et témoignent d’un mépris total du droit le plus fondamental de la personne humaine, le droit à la vie. »Les chiites zaïdites appartiennent à une branche de l’islam chiite qui est majoritaire dans le nord du Yémen.Selon les médias, les victimes étaient pour la plupart membres de la communauté chiite zaïdite. Parmi elles figurait le chef tribal d’une province. Deux autres victimes seraient des partisans des Huthis, un groupe armé formé de chiites zaïdites.Les Huthis, partisans de Hussain Badr al Din al Huthi, combattent les forces gouvernementales dans la région de Saada, dans le nord du pays, depuis 2004. Ce qui était au départ un mouvement de protestation contre l’invasion de l’Irak conduite par les États-Unis s’est transformé peu à peu en conflit armé, particulièrement après l’assassinat d’Hussain Badr al Din al Huthi par les autorités.Les autorités yéménites ont signé un cessez-le-feu avec les Huthis en février 2010. Bien qu’il ait été brisé par intermittence, il est toujours en vigueur depuis lors.