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Irak : les meurtres de civils pris en otages dans une église constituent un «crime de guerre»

Amnesty International a condamné aujourd'hui, en la qualifiant de crime de guerre, l'attaque, ce dimanche, d'une église catholique par un groupe armé à Bagdad. Près de 100 fidèles ont été pris en otages et plus de 40 d'entre eux ont été tués lorsque les forces de sécurité irakiennes ont tenté de les libérer.L'État islamique d'Irak, un groupe de la mouvance d'Al Qaïda en Irak, a revendiqué l'attaque de cette église située dans le quartier de Karrada à Bagdad. Après trois heures d'une situation sans issue les forces de sécurité irakiennes ont donné l'assaut à l'église pour tenter de libérer les otages, les assaillants ayant semble-t-il menacé de les tuer. « Nous condamnons de la manière la plus sévère cette attaque abjecte perpétrée par un groupe armé contre des civils dans un lieu de culte, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. « Cette attaque semble avoir eu pour objectif de faire un maximum de morts et d'aviver encore davantage les tensions intercommunautaires qui continuent de déchirer l'Irak.« Ce n'est rien moins qu'un crime de guerre lorsqu'on attaque délibérément des civils dans leur lieu de culte pour les retenir en otages et les tuer. »Les preneurs d'otages auraient réclamé la libération de prisonniers détenus en Irak et en Égypte, et utilisé des grenades et des ceintures d'explosifs pour tuer des otages quand les forces de sécurité ont essayé de libérer ces derniers. Cette prise d'otages est l'une des pires attaques commises par des groupes armés contre des chrétiens irakiens depuis le début de la guerre en Irak en 2003. Les chrétiens irakiens ont souvent été la cible d'enlèvements et de meurtres, et de nombreuses églises ont été attaquées à l'explosif. L'Irak est plongé dans une situation d'impasse politique et un nouveau gouvernement n'a toujours pas été formé huit mois après les élections législatives du mois de mars. Les groupes armés profitent de cette situation de vacance du pouvoir et d'insécurité pour intensifier les attaques contre le gouvernement, les forces armées américaines et les cibles civiles. Le 27 avril 2010, Amnesty International a publié Iraq: Civilians Under Fire, un rapport qui expose le terrible sort réservé aux civils en Irak. Les civils irakiens continuent d'être les premières victimes des tensions intercommunautaires persistantes, les membres des minorités ethniques et religieuses, les femmes et les filles et les militants politiques, en autres, étant particulièrement pris pour cibles.