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Égypte : des dizaines de personnes arrêtées dans le cadre d'une vague de répression de l'opposition à l'approche des élections

Amnesty International a demandé mardi 19 octobre aux autorités égyptiennes de libérer immédiatement, à moins qu'ils ne soient dûment inculpés d'infractions prévues par la loi, plus de 70 membres du groupe des Frères musulmans arrêtés cette semaine. Plus de 150 personnes ont été arrêtées depuis que Mohammed Badie, à la tête des Frères musulmans, a déclaré le 9 octobre que le groupe allait présenter des candidats aux élections législatives qui doivent avoir lieu en Égypte le 29 novembre. Près de la moitié des personnes interpellées ont été remises en liberté. Parmi les 70 personnes toujours détenues figurent des sympathisants des candidats présentés par les Frères musulmans et plusieurs dirigeants régionaux de l'organisation, notamment Mohamed Sweidan du gouvernorat de Baheira, dont la détention a été prolongée de quinze jours ce lundi, Mustafa al Khouli et Essam al Gharbawi. « Ces personnes semblent avoir été arrêtées uniquement en raison de leurs liens avec l'organisation des Frères musulmans, a déclaré Malcolm Smart, directeur d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Leur arrestation pourrait avoir pour objectif de mettre à mal la campagne électorale des Frères musulmans et de dissuader ceux qui seraient tentés d'apporter leur soutien à cette organisation à l'approche du scrutin. Dix-sept gouvernorats ont été touchés par ces arrestations dont ceux d'Alexandrie, d'Aswan, de Baheira, de Qina et de Sharqiya. « Pour que les élections législatives à venir puissent être considérées comme justes et crédibles, le gouvernement égyptien doit veiller à ce qu'elles se déroulent en offrant des chances égales à tous et en respectant le droit à la liberté d'association des candidats et de leurs sympathisants », a déclaré Malcolm Smart. L'organisation des Frères musulmans est officiellement interdite en Égypte depuis 1954. Cependant, elle a continué à agir ouvertement, et des dirigeants et membres de cette organisation se sont présentés comme candidats indépendants à de précédentes élections législatives, avec succès dans de nombreux cas. Bénéficiant d'un soutien populaire considérable, cette organisation est généralement considérée comme la principale rivale du parti au pouvoir en Égypte, le Parti national démocrate (PND).