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Philippines : les policiers responsables d'actes de torture doivent être poursuivis en justice

Le gouvernement philippin doit veiller à ce que les policiers responsables des actes de torture montrés dans une vidéo diffusée le 17 août sur une chaîne nationale soient traduits en justice, a déclaré Amnesty International.Une vidéo diffusée aux Philippines sur une chaîne nationale montre un policier en civil en train de torturer un suspect apparemment arrêté pour une infraction mineure et détenu dans un poste de police, sous le regard d'autres policiers en uniforme. Cette vidéo a conduit les autorités à suspendre 11 policiers du district de Tondo, à Manille, qui font actuellement l'objet d'une enquête menée par les autorités policières de la capitale.Dans la vidéo on voit une personne fouetter avec une corde un suspect dévêtu, et tirer sur une corde attachée autour des parties génitales de ce dernier. L'informateur anonyme qui a fourni cette vidéo a indiqué au média philippin que ce type de traitement dégradant était courant dans les postes de police.  « La direction de la police philippine a récemment affirmé que la quasi-totalité des agents des forces de police ont reçu une formation sur les droits humains. Mais cela ne transparaît pas dans la pratique », a déclaré Donna Guest, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.  La séquence qui se déroule dans une poste de police de Manille vient à la suite de récentes allégations selon lesquelles des policiers ont torturé cinq détenus soupçonnés d'être impliqués dans le mouvement de rébellion armée communiste dans la province septentrionale de Pampanga. L'un de ces détenus, Lenin Salas, a révélé lors d'une interview à des médias qu'il souffrait de graves contusions et de brûlures de cigarette consécutives aux tortures et aux autres mauvais traitements qui lui avaient été infligés par la police.Amnesty International exhorte le gouvernement philippin à enquêter sur ces cas sur la base de la nouvelle loi contre la torture adoptée en juillet 2009. Le gouvernement n'a pas encore engagé de poursuites en vertu de cette loi.  L'affaire du poste de police de Tondo et les allégations de Lenin Salas constituent les premiers cas de torture signalés sous le nouveau gouvernement du président Benigno Aquino.  « Le moment est propice pour que le gouvernement du président Aquino souligne son opposition à la torture en faisant savoir que les tortionnaires, notamment les policiers qui ont pourtant juré de servir et protéger la population, vont être poursuivis en justice », a ajouté Donna Guest.La protection des droits humains était l'une des principales promesses électorales du candidat Benigno Aquino, mais Amnesty International constate avec préoccupation que ce dernier n'a pas pris de mesures suffisantes au cours des 50 premiers jours de son mandat.Par exemple, au lieu de créer comme promis une « super instance pour les droits humains » chargée de mener des enquêtes sur tous les cas signalés d'assassinats politiques, le gouvernement du président Aquino a mis en place une « commission de la vérité » qui s'intéressera uniquement aux allégations de corruption concernant le précédent gouvernement et ne disposera pas d'attributions en matière de droits humains.