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Les condamnations prononcées contre plusieurs responsables d'une minorité religieuse sont critiquables

Amnesty International déplore la condamnation à 20 ans d'emprisonnement de sept membres de la minorité religieuse baha'ie d'Iran, sanction prononcée à la suite d'accusations motivées par des considérations politiques.Ces cinq hommes et deux femmes, membres influents de la communauté baha'ie en Iran, ont été arrêtés il y a plus de deux ans. Ils ont été déclarés coupables samedi 7 août d'« espionnage pour le compte d'Israël », d'« insultes au caractère sacré de la religion » et de « propagande contre le système » par un tribunal révolutionnaire de Téhéran.Fariba Kamalabadi, Jamaloddin Khanjani, Afif Naeimi, Saeid Rezaie, Mahvash Sabet, Behrouz Tavakkoli et Vahid Tizfahm ont tous nié les accusations portées contre eux, et leurs avocats ont fait savoir qu'ils feraient appel.« Ce jugement est un exemple aussi triste qu'accablant des traitements discriminatoires généralisés que les autorités iraniennes infligent aux baha'is », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.« Ces sept responsables baha'is, dont certains sont âgés, sont des prisonniers d'opinion, uniquement incarcérés en raison de leurs convictions ou activités pourtant pacifiques en faveur de la minorité baha'ie, qui est persécutée.« Ces sept personnes ont été maintenues en détention sans inculpation pendant des mois avant de faire l'objet d'une parodie de procès. Il faut les libérer immédiatement. »Le procès de ces sept baha'is, qui ont été appréhendés entre mars et mai 2008, a été reporté à plusieurs reprises alors qu'ils étaient en détention. Leurs avocats ont rarement été autorisés à leur rendre visite et se sont vu interdire dans un premier temps d'assister aux audiences. L'un de leurs avocats, la lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, ne peut plus retourner en Iran depuis 2009. En février 2010, elle a expliqué à Amnesty International que le dossier était vide et les accusations sans fondement.Les autorités iraniennes reprochent aux baha'is, de même qu'à d'autres groupes, d'avoir orchestré une grande partie des troubles qui ont eu lieu lors de la fête religieuse de l'Achoura, en décembre 2009 ; il s'agissait de la dernière manifestation de grande ampleur à avoir lieu dans le pays en réaction à l'élection présidentielle controversée de juin 2009, mais la communauté baha'ie nie toute implication.« Les autorités cherchent à faire de la minorité baha'i un bouc émissaire pour les récents troubles, alors qu'aucun élément ne montre qu'elle y ait participé », a ajouté Hassiba Hadj Sahraoui.La foi baha'ie n'est pas reconnue par la Constitution iranienne et les baha'is ne bénéficient d'aucune protection juridique.Les autorités iraniennes les privent également de l'égalité des droits à l'éducation, au travail et à un niveau de vie décent en limitant leur accès à l'emploi et aux prestations sociales telles que les pensions de retraite. Les 300 000 membres de la communauté baha'ie n'ont pas le droit de se réunir, d'organiser des cérémonies religieuses ni de pratiquer leur foi en compagnie d'autres croyants.