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Les discussions entre les États-Unis et Israël doivent viser à mettre fin au blocus de Gaza

Amnesty International a de nouveau appelé Israël à lever totalement le blocus de la bande de Gaza à l'occasion de la rencontre, cette semaine à Washington, entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le président américain Barack Obama. Les deux dirigeants se retrouveront ce mercredi pour une deuxième journée de discussions, deux jours après l'annonce par Israël de l'assouplissement du blocus pour certains biens de consommation. Des matériaux de construction indispensables continuent cependant d'être visés par les restrictions. L'interdiction générale frappant les exportations et la circulation des personnes est maintenue, et le blocus est toujours assuré par le biais du strict contrôle exercé par Israël sur l'espace aérien et les eaux territoriales de la bande de Gaza, et sur ses points de passage avec ce territoire. « Tout assouplissement du blocus est le bienvenu, mais celui-ci est loin d'être à la mesure des initiatives nécessaires pour mettre fin au préjudice subi par la population dans la bande de Gaza, où quatre personnes sur cinq dépendent de l'aide internationale, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. « Des Palestiniens restent piégés à Gaza et soumis à des restrictions en ce qui concerne l'accès aux matériaux de construction essentiels dont ils ont besoin pour reconstruire leurs maisons, a-t-il ajouté. « Il est indispensable de lever l'interdiction qui pèse sur les exportations de la bande de Gaza afin que les Gazaouis puissent reconstruire leur économie et leurs vies. » Israël dit que tous les types de biens pourront entrer à Gaza à l'exception des armes, des munitions et de ce qu'il appelle les biens « à double usage ». Les matériaux de construction tels que l'acier et le ciment ne pourront entrer dans la bande de Gaza que sous contrôle israélien et s'ils sont destinés à des projets supervisés par l'ONU ou par d'autres organisations internationales. Leur transport doit également avoir été autorisé par l'Autorité palestinienne, qui est basée en Cisjordanie, occupée par Israël. « L'interdiction visant la grande majorité des exportations, les matières premières et la circulation des personnes a détruit l'économie de Gaza et condamné sa population au chômage, à la pauvreté et à la dépendance vis-à-vis des organisations humanitaires. Ces problèmes ne pourront pas être résolus tant que le blocus sera maintenu », a souligné Malcolm Smart. Le maintien des restrictions pour les matériaux de construction destinés à un usage général va encore retarder la reconstruction des maisons, des commerces et des autres bâtiments qui ont été détruits lors des attaques israéliennes en décembre 2008 et janvier 2009. Plus de 3 000 maisons et des centaines d'autres constructions, y compris des usines, des fermes et des bâtiments gouvernementaux, ont été détruits et plus de 20 000 endommagés durant l'opération militaire israélienne baptisée Plomb durci. Les restrictions imposées par Israël empêchent les Palestiniens de franchir les points de passage entre Gaza et Israël sauf dans de très rares cas, le plus souvent pour des raisons humanitaires exceptionnelles. « Au lieu de maintenir ces restrictions Israël devrait respecter les obligations qui lui incombent en tant que puissance occupante aux termes du droit international, et lever immédiatement et totalement le blocus », a conclu Malcolm Smart. Complément d'information Lorsque le Hamas (Mouvement de la résistance islamique) a pris le contrôle de la bande Gaza en juin 2007, la politique israélienne de fermeture du territoire a été renforcée pour prendre la forme d'un blocus restreignant l'entrée de la nourriture, du carburant et d'autres biens de première nécessité. Les entrées et sorties pour raisons médicales ont dès lors été limitées et retardées. Les familles gazaouies n'ont pas le droit d'aller rendre visite à leurs proches dans les prisons israéliennes. Cette situation s'est encore aggravée avec la fermeture générale du point de passage de Rafah (le seul point de passage entre la bande de Gaza et l'Égypte) par les autorités égyptiennes.  Après 2007, Rafah n'a rouvert que de manière intermittente dans certaines circonstances. À la suite de l'opération militaire israélienne du 31 mai contre la flottille humanitaire dans les eaux internationales au large de Gaza, les autorités égyptiennes ont annoncé qu'elles rouvraient le point de passage de Rafah pour une durée « indéterminée ». L'Égypte n'a cependant pas encore totalement autorisé le libre passage des Palestiniens vers son territoire ; seuls les Palestiniens munis d'une autorisation spéciale peuvent y entrer. En tant que puissance occupante Israël a avant tout la responsabilité de veiller au bien-être des habitants de Gaza.