• Nouvelles

L'Azerbaïdjan s'oppose à la libération d'un journaliste dissident

Amnesty International a lancé de nouveau un appel en faveur de la libération immédiate d'un journaliste azerbaïdjanais incarcéré sur la base d'accusations forgées de toutes pièces ; l'organisation est intervenue en réaction à la décision prise en dernière minute par les autorités azerbaïdjanaises de s'opposer à la décision de la Cour européenne des droits de l'homme demandant la libération du journaliste. La Cour avait statué en avril que rien ne justifiait la peine d'emprisonnement prononcée à l'encontre d'Eynoulla Fatoullaïev, et cette décision devait entrer en vigueur jeudi 22 juillet à l'issue des trois mois pendant lesquels l'Azerbaïdjan pouvait la contester. Un jour avant l'échéance du 22 juillet, le gouvernement azerbaïdjanais a demandé que l'affaire soit portée devant la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme. Durant les trois mois qui ont précédé l'échéance, l'Azerbaïdjan a jugé Eynoulla Fatoullaïev pour d'autres chefs d'accusation et, le 6 juillet, il a été condamné à une peine supplémentaire de deux ans et demi d'emprisonnement pour détention de stupéfiants. Amnesty International pense que ces accusations ont été inventées pour maintenir le journaliste en détention en dépit de la décision de la Cour européenne des droits de l'homme. « Le gouvernement azerbaïdjanais a voulu faire en sorte qu'Eynoulla Fatoullaïev soit maintenu derrière les barreaux, et donc réduit au silence, quel que soit le jugement final de la Cour européenne, a déclaré Andrea Huber, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International. Il est consternant que le fait qu'Eynoulla Fatoullaïev se soit tourné vers la Cour européenne des droits de l'homme pour défendre ses droits lui ait valu semble-t-il de faire l'objet de nouveaux chefs d'accusation. » Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, s'est dit préoccupé par cette nouvelle condamnation et a demandé à l'Azerbaïdjan de se conformer à la décision de la Cour européenne concernant la libération d'Eynoulla Fatoullaïev. Cinq juges de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme sont chargés de déterminer si l'affaire Eynoulla Fatoullaïev doit être ré-ouverte, mais aucune échéance n'est fixée pour cette décision ou une nouvelle audience éventuelle. Eynoulla Fatoullaïev a été incarcéré en avril 2007 après avoir écrit plusieurs articles critiques à l'égard des autorités. Il a été condamné à une peine de huit ans et demi d'emprisonnement pour des accusations forgées de toutes pièces de terrorisme, de diffamation, d'incitation à la haine raciale et d'évasion fiscale, accusations qui ont toutes été rejetées par la Cour européenne des droits de l'homme en avril. « Le maintien en détention d'Eynoulla Fatoullaïev est un affront à la liberté d'expression, a conclu Andrea Huber. Cet homme doit être immédiatement libéré et toutes les charges retenues contre lui, abandonnées. »