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Les homicides de civils perpétrés dernièrement en Irak constituent des «crimes de guerre»

Amnesty International a condamné les homicides de plus de 100 civils irakiens dans des attentats-suicides et d'autres types d'attaques commis la semaine dernière par des groupes armés, à Bagdad et aux alentours. Ces attaques ont aussi fait plusieurs centaines de blessés. Il semble que certaines d'entre elles avaient pour cible des civils et qu'elles étaient destinées à faire le plus de victimes possible. « La plupart de ces attaques visaient directement des civils et constituent donc des crimes de guerre, a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. « Si elles font partie d'une offensive généralisée ou systématique lancée contre la population civile irakienne afin de servir la politique d'une organisation ou d'un groupe armé particulier, elles constituent également des crimes contre l'humanité. « Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité figurent parmi les plus graves au regard du droit international. Ces attaques doivent cesser immédiatement et les responsables présumés de ces actes doivent être traduits en justice. » Des attentats coordonnés qui ont eu lieu mardi dans plusieurs quartiers de Bagdad ont détruit sept immeubles d'habitation, faisant au moins 35 morts – peut-être tous civils – et plus de 140 blessés. Lundi, un couple chiite et quatre de ses enfants ont été assassinés dans leur maison, à la périphérie de Bagdad. Dimanche, trois attentats-suicides à la voiture piégée contre les ambassades d'Iran, d'Allemagne et d'Égypte à Bagdad ont coûté la vie à 41 personnes au moins. Plus de 200 personnes ont été blessées. Vendredi, des hommes armés ont attaqué un village à majorité sunnite, au sud de Bagdad ; ils y ont tué 24 personnes. Aucun groupe armé n'a revendiqué l'une de ces attaques, mais des hommes politiques iraniens en ont attribuées certaines à la branche irakienne d'Al Qaïda et à ses alliés. Ce regain de violence semble se nourrir du vide politique qui existe aujourd'hui en Irak : en effet, les dirigeants des principales formations politiques n'ont pas encore obtenu les soutiens nécessaires pour constituer un gouvernement à la suite des élections du 7 mars, qui n'ont pas permis de désigner clairement un vainqueur. « Les attaques commises délibérément contre des civils ne peuvent en aucun cas se justifier, a ajouté Malcolm Smart, et leurs auteurs doivent renoncer à perpétrer de tels actes. Les responsables présumés doivent être traduits en justice, sans toutefois encourir la peine de mort car ce châtiment ne ferait que déshumaniser davantage la société irakienne. »