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Les attaques de plus en plus nombreuses visant les civils pakistanais constituent peut-être des crimes de guerre

Lundi 19 avril, Amnesty International condamne le nombre croissant d'attaques menées par des groupes insurgés pakistanais contre des cibles civiles. L'organisation s'élève notamment contre l'attentat ayant visé un camp de personnes déplacées à Kohat le 17 avril, qui a fait au moins 41 morts parmi des personnes faisant la queue pour recevoir des vivres. Cet attentat à la bombe a été suivi de deux attaques distinctes le 19 avril à Peshawar, l'une dans un lycée et l'autre au bazar central de Qissakhani, qui se sont soldées par la mort de 24 personnes. « Il semble que les talibans pakistanais et d'autres groupes insurgés multiplient les attaques contre les civils, enfreignant ainsi clairement les lois de la guerre. Les attaques de ce type pourraient constituer des crimes de guerre », a expliqué Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. « Les talibans et les autres groupes insurgés sont soumis aux lois internationales de la guerre, et doivent cesser de prendre les civils pour cible. Le gouvernement pakistanais doit quant à lui améliorer son bilan pour ce qui est d'assurer la sécurité et l'approvisionnement des centaines de milliers de personnes qui ont été déplacées au cours du conflit. » Le groupe activiste pakistanais Lashkar-e-Jhangvi a revendiqué l'attentat de Kohat. Les personnes tuées étaient en majeure partie originaires de la zone tribale d'Orakzai. Le conflit en cours opposant les talibans pakistanais aux forces gouvernementales dans le nord-ouest du Pakistan a contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leur ville ou leur village. Les combats récents ayant pour théâtre les agences tribales d'Orakzai et de Kurram, dans les zones tribales sous administration fédérale, ont mené au déplacement de 200 000 personnes supplémentaires. Les Nations unies ont suspendu certaines opérations humanitaires d'urgence sur place en raison des explosions. La situation en matière de sécurité reste peu réjouissante pour les civils pris au piège entre les talibans et les forces gouvernementales dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan. L'an dernier, 3,1 millions de personnes ont été déplacées dans la province de la Frontière du Nord-Ouest et dans les zones tribales sous administration fédérale. Toutes les parties au conflit – y compris le gouvernement pakistanais – sont tenues, en vertu des lois internationales de la guerre, de protéger les civils des effets des offensives armées.