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Azerbaïdjan : les autorités doivent cesser de réprimer violemment les manifestations pacifiques

Amnesty International a exhorté les autorités azerbaïdjanaises à respecter le droit à la liberté de réunion après que des dizaines de partisans de l'opposition eurent été arrêtés, ce lundi 26 avril, alors qu'ils se rendaient à une manifestation. Selon les médias locaux, 80 personnes environ ont été appréhendées dans la capitale de l'Azerbaïdjan, Bakou, alors qu'elles se rendaient à un rassemblement organisé en vue de revendiquer le respect des droits aux libertés d'expression et de réunion. Ces personnes ont été arrêtées par des policiers, qui les ont fait monter sans ménagement dans des minibus et des voitures de police. Quarante d'entre elles ont été conduites aux abords de la ville et libérées immédiatement. Trente autres ont été emmenées dans un poste de police et remises en liberté après 5 heures de garde à vue. Dix personnes ont été relâchées tard dans la soirée après avoir été inculpées de rébellion et de trouble à l'ordre public par le tribunal de Sabail, un district de Bakou.Cinq ont été condamnées à une amende de 20 manats (18 euros environ) et cinq autres ont reçu un avertissement.La police a affirmé que les manifestants, parmi lesquels figuraient plusieurs journalistes, avaient été arrêtés parce que le rassemblement avait été organisé sans l'aval des pouvoirs publics. Cependant, les demandes d'autorisation déposées auprès des autorités municipales avaient été laissées sans réponse.« Ces mesures de répression visant des manifestants pacifiques ne sont que le dernier exemple en date des efforts déployés par les autorités azerbaïdjanaises pour réduire les dissidents au silence, a déclaré Halya Gowan, directrice du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International. Les personnes arrêtées se voient dénier leurs droits aux libertés de réunion et d'expression, qui sont exactement les droits dont elles revendiquent le respect. »Le rassemblement était organisé par Azadlıq (Liberté), un bloc d'opposition qui regroupe le Parti du front populaire d'Azerbaïdjan, le Parti libéral et le Parti des citoyens et du développement. Les manifestants appréhendés avaient prévu de se retrouver devant la mairie pour demander aux autorités de respecter la liberté de réunion.Auparavant, ils avaient demandé à la municipalité d'autoriser la tenue d'une manifestation dimanche 25 avril devant l'hôtel de ville, mais leur requête était restée lettre morte.Quinze jours plus tôt, la police avait dispersé une manifestation similaire, organisée au même endroit par le Parti de l'égalité, une formation de l'opposition. Quarante-sept personnes avaient été arrêtées, puis remises en liberté au bout de quelques heures. Cela fait trois ans que la municipalité de Bakou interdit la tenue de manifestations publiques dans le centre ville, alors que la Constitution azerbaïdjanaise garantit la liberté de réunion. Les manifestations ne sont actuellement autorisées qu'à la périphérie de la capitale.D'après les médias et des témoins oculaires, des journalistes ont aussi subi des violences policières et se sont vu empêcher de filmer et d'interviewer les manifestants.Sept journalistes auraient été arrêtés : Natig Gulehmedoglu, Elchin Hasanov, Parviz Jabrayil, Efqan Mukhtarli, Seymur Haziyev, Parviz Hashimli and Mehman Huseynov.Les appareils photo de deux journalistes, Mehman Huseynov, de l'Institut pour la liberté et la sécurité des reporters, et Afgan Mukhtarli, du journal Yeni Müsavat, ont été cassés. Mehman Huseynov a également déclaré qu'il avait été blessé à la jambe au cours de la dispersion du rassemblement.Amnesty International a appelé le gouvernement azerbaïdjanais à faire respecter les droits aux libertés d'expression et de réunion, conformément à ses obligations au regard du droit international.