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Syrie : un adolescent tué et des dizaines de personnes blessées dans des affrontements entre Kurdes et forces de sécurité

Amnesty International a exhorté les autorités syriennes à enquêter sur les circonstances dans lesquelles des membres des forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule rassemblée pour les festivités du nouvel an kurde, le 21 mars, tuant un adolescent de 14 ans et blessant des dizaines d'autres personnes.Selon certaines informations, un grand nombre des personnes blessées dans les affrontements avec les forces de l'ordre seraient maintenues sous étroite surveillance à l'hôpital et n'auraient pas le droit de recevoir de visites de leurs proches.Ces événements se sont déroulés le dimanche 21 mars à Raqqa, dans le nord-est de la Syrie, alors qu'environ 5 000 Kurdes de Syrie s'étaient rassemblés pour fêter Newroz, le nouvel an kurde.Ce rassemblement avait été organisé par le Parti de l'union démocratique (PYD), un parti politique minoritaire kurde interdit par les autorités syriennes.Les violences ont éclaté lorsque des responsables de l'application des lois se sont opposés à la présence de personnes munies de banderoles du PYD et de photos d'Abdullah Ocalan, le chef du Parti des travailleurs kurdes (PKK) de Turquie, actuellement détenu par les autorités turques.Les policiers ont eu recours au gaz lacrymogène et à des canons à eau avant d'ouvrir le feu et de tirer à balles réelles sur la foule quand certains participants leur ont jeté des pierres.Mohammed Haider Iben Omar, 14 ans, a été tué. Des organisations de défense des droits humains kurdes de Syrie affirment que le jeune homme est mort en raison d'un recours excessif à la force.Le 23 mars, des membres de la Sécurité politique ont remis le corps de l'adolescent à sa famille et ont supervisé son enterrement. Il semblerait que la famille de Mohammed Haider Iben Omar n'ait pas été autorisée à organiser une cérémonie.Parmi les personnes blessées, beaucoup ont été emmenées à l'hôpital national de Raqqa qui a, depuis, été cerné et placé sous surveillance par les forces de sécurité.À ce jour, seules deux de ces personnes ont été autorisées à recevoir des visites de leurs proches, laissant craindre que les blessés à qui les visites sont interdites ne subissent des actes de torture ou d'autres mauvais traitementsLes autorités syriennes n'ont fait aucun commentaire sur les événements de Raqqa et, à la connaissance d'Amnesty International, aucune enquête n'a été ouverte sur les allégations de recours à une force excessive par les responsables de l'application des loisAmnesty International a instamment prié les autorités syriennes de diligenter immédiatement une enquête indépendante sur l'usage de la force meurtrière par les forces de l'ordre le 21 mars afin de déterminer s'il s'agit d'un recours excessif à la force, ce qui constituerait une violation des normes universellement reconnues.L'organisation a déclaré que tous les représentants de l'État présumés responsables de ce recours excessif à la force devaient être traduits en justice.Amnesty International a également exhorté les autorités à permettre à toutes les personnes blessées ou placées en détention à la suite des événements du 21 mars de voir leurs proches, de consulter le conseiller juridique de leur choix et de bénéficier de tous les soins dont elles pourraient avoir besoin.Les Kurdes représentent 10 % de la population syrienne et vivent principalement aux alentours de la ville d'Alep, au nord, et de la région d'Al Jazira, au nord-est.Comparées au reste du pays, ces régions à population majoritairement kurde sont à la traîne en termes de développement économique et social. Les Kurdes sont victimes de discriminations fondées sur leur identité, et notamment de restrictions frappant l'utilisation de leur langue dans les écoles et l'expression de leur culture - il est par exemple interdit de produire et de diffuser de la musique kurde.Newroz est l'un des principaux événements fêtés par les membres de la minorité kurde de Syrie et les partis politiques kurdes organisent généralement des rassemblements publics au cours desquels leurs dirigeants font des discours et chantent en kurde.