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Iran : neuf personnes risquent d'être exécutées à la suite des manifestations

Amnesty International a appelé les autorités iraniennes à ne pas exécuter neuf personnes condamnées à mort qui avaient été arrêtées dans le cadre des manifestations qui ont suivi l'élection présidentielle controversée de 2009. L'organisation craint que les autorités iraniennes ne prévoient d'exécuter en public toutes ces personnes ou certaines d'entre elles avant le 11 février, date anniversaire de la révolution islamique de 1979, qui donnera certainement lieu à de nouvelles manifestations. Selon des médias iraniens, le responsable adjoint du pouvoir judiciaire, Ebrahim Raisi, a déclaré lundi que, après l'exécution de deux hommes la semaine dernière, les neuf autres seraient exécutés « prochainement ». « Les personnes condamnées n'ont pas été jugées équitablement, a expliqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. Elles n'ont pas pu consulter d'avocat au début de leur détention et certaines, voire toutes, semblent avoir été contraintes à “avouer”. On ignore si les personnes condamnées ont pu exercer leur droit de recours. » Les autorités judiciaires iraniennes subiraient des pressions d'ordre politique les poussant à exécuter davantage de partisans de l'opposition afin de mettre un terme aux manifestations incessantes. Mohammad Reza Ali Zamani et Arash Rahmanipour ont été pendus en public jeudi dernier après avoir été reconnus coupables, à l'issue de procès iniques, d'« inimitié à l'égard de Dieu » et d'appartenance au groupe interdit Anjoman-e Padeshahi-e Iran (API), qui prône le rétablissement de la monarchie en Iran. À la connaissance d'Amnesty International, il s'agissait des premières exécutions liées aux violences qui ont éclaté dans tout le pays à la suite de l'élection et se poursuivent depuis lors. « Exécuter des personnes en public ne fait qu'ajouter au caractère cruel, inhumain et dégradant de la peine de mort, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui. Cela ne fait que déshumaniser la personne condamnée à mort et brutaliser celles qui assistent à l'exécution, en particulier les proches. » Mohammad Reza Ali Zamani et Arash Rahmanipour ont été reconnus coupables par le tribunal révolutionnaire de Téhéran en octobre. En 2009, au moins 14 personnes ont été exécutées en public en Iran. Au moins deux des neuf personnes actuellement sous le coup d'une condamnation à mort, Naser Abdolhasani et Reza Kazemi, ont été jugées lors de procès « pour l'exemple » du même type, qui ont eu lieu après l'élection. On ignore l'identité des sept autres personnes. Selon des représentants de l'État iranien, plus de 40 personnes sont mortes au cours des manifestations – violemment réprimées par les forces de sécurité – qui se sont déroulées depuis l'élection. Amnesty International estime que ce chiffre est bien en deçà de la réalité. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées ; beaucoup ont été torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements. Des dizaines de personnes ont été condamnées à des peines d'emprisonnement, et parfois à la flagellation ; au moins 12 ont été condamnées à la peine capitale. Un homme, Hamed Rouhinejad, a vu sa condamnation à mort commuée en une peine d'emprisonnement de 10 ans lors de son procès en appel, en janvier 2010.