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Ouzbékistan : une photographe accusée d'avoir «diffamé le peuple ouzbek» risque la prison

Amnesty International a appelé le gouvernement ouzbek à permettre à la population du pays de jouir de la liberté d'expression, après avoir appris que l'une des photographes les plus connus du pays avait été accusée d'avoir « diffamé le peuple ouzbek ». Les photographies d'Oumida Akhmedova montrent des hommes, des femmes et des enfants dans leurs occupations quotidiennes. En 2007, un recueil de ses photographies est paru sous le titre Men and Women – From Dawn to Dusk. Oumida Akhmedova a été accusée samedi par les autorités ouzbèkes d'avoir insulté et dénigré le peuple et les traditions ouzbeks. Elle doit également répondre de chefs d'inculpation liés à la réalisation d'un documentaire, intitulé The Burden of Virginity, portant sur la tradition qui oblige les femmes, lors de leur nuit de noce, à prouver leur virginité. Une audience doit avoir lieu devant un tribunal au cours des deux prochaines semaines. Oumida Akhmedova risque jusqu'à trois ans de prison si elle est reconnue coupable des faits qui lui sont reprochés. « Ses photos de la vie quotidienne en Ouzbékistan ne correspondent pas à l'image que le gouvernement veut présenter, a indiqué Maisy Weicherding, chargée de recherches sur l'Ouzbékistan à Amnesty International. « C'est la première fois en Ouzbékistan qu'une personne est inculpée parce que son travail artistique est considéré comme dissident. » Amnesty International pense que la photographe a été prise pour cible pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression, et craint qu'elle ne soit pas jugée dans le respect des règles d'équité des procès. Si elle est emprisonnée elle risque en outre de subir des traitements cruels, inhumains ou dégradants. Interrogée mardi par la chaîne anglophone d'Al Jazira, Oumida Akhmedova a déclaré qu'elle ne comprenait pas pourquoi des poursuites pénales étaient engagées contre elle plusieurs années après la première publication de ces images. Elle a souligné qu'elle n'entendait pas avoir un discours politique et que ses photographies étaient, pour elle, pleine d'amour et de positivité. En Ouzbékistan, les personnes qui expriment des opinions dissidentes continuent d'être harcelées, battues et arrêtées, ce que les autorités persistent à nier. Au moins quatre militants des droits humains et journalistes indépendants ont été condamnés à de longues peines d'emprisonnement en 2009 ; d'autres ont été condamnés à de courtes périodes d'incarcération, battus ou accusés d'avoir nui à la réputation du pays.