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Paraguay : le rejet d'un projet de loi laisse des familles indigènes sans habitat

Amnesty International a critiqué le Congrès paraguayen pour avoir rejeté un projet de loi qui aurait permis de rétrocéder des terres ancestrales à la communauté indigène des Yakye Axa. La décision de rejeter le projet de loi qui vient d'être prise laisse au moins 90 familles à la rue. Depuis dix ans, la communauté indigène des Yakye Axa vit le long d'un axe routier important qui jouxte ses terres, à 300 kilomètres de la capitale, Asunción. Ces personnes ne disposent ni de l'eau courante, ni d'un approvisionnement alimentaire régulier, ni d'un centre de soins adapté, ni de terres à cultiver. « En prenant cette décision, le Congrès paraguayen a clairement fait savoir qu'il ne se souciait pas de la vie des peuples indigènes », a déclaré Louise Finer, chargée des recherches sur le Paraguay à Amnesty International. « Il semble qu'une fois encore des intérêts puissants empêchent de protéger les droits des secteurs de la population les plus marginalisés, a ajouté Louise Finer. Ces terres appartiennent aux Yakye Axa et devraient leur être rétrocédées immédiatement, leur survie en dépend. » En 2005, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a statué que les autorités paraguayennes devaient rendre leurs terres aux Yakye Axa. L'échéance pour la rétrocession de ces terres avait été fixée au 13 juillet 2008 par la Cour, et les autorités paraguayennes avaient suggéré de procéder légalement par expropriation. Près d'un an après sa présentation au Congrès par le président, ce projet de loi vient d'être rejeté. Les normes internationales relatives aux droits humains disposent que le droit de vivre sur ses terres ancestrales est crucial pour un peuple indigène, qui y puise son identité, ses moyens de subsistance et son mode de vie. Selon les chiffres officiels, le Paraguay compterait 108 600 citoyens indigènes, soit 1,7 % de la population, mais ce chiffre pourrait être largement sous-estimé.