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Six journalistes gambiens libérés

Six journalistes gambiens incarcérés pour diffamation et sédition ont été relâchés à la faveur d'une grâce présidentielle jeudi 3 septembre 2009. « Amnesty International se réjouit vivement de la libération de ces journalistes, injustement reconnus coupables dès le départ, a déclaré Tania Bernath, chercheuse sur la Gambie à Amnesty International. Leurs familles doivent être soulagées et heureuses de les retrouver sains et saufs. » Ces six journalistes avaient été condamnés le 6 août à une peine statutaire de deux ans d'emprisonnement et à une amende de 250 000 dalasi (environ 6 600 euros). Ils étaient placés en détention à la prison de Mile Two. Les considérant comme des prisonniers d'opinion, Amnesty International avait demandé leur libération immédiate et inconditionnelle. Il s'agit d'Emil Touray, secrétaire général du Syndicat de la presse gambienne (GPU), de Sarata Jabbi Dibba, vice-présidente du GPU, de Pa Modou Faal, trésorier du GPU, de Pap Saine et Ebou Sawaneh, éditeur et rédacteur en chef du journal The Point, et de Sam Sarr, rédacteur en chef du journal Foroyaa. Ils ont été arrêtés le 15 juin 2009 après avoir publié une déclaration du syndicat de la presse reprochant au président Yahya Jammeh d'avoir tenu des propos « déplacés » sur la chaîne de télévision publique, au sujet du meurtre non résolu du rédacteur en chef du Point, Deyda Hydara, commis en 2004. Lors d'une interview accordée le 8 juin au service public de la télévision et de la radio gambiennes, le président Jammeh aurait déclaré, selon les informations parues dans la presse, que l'enquête sur le meurtre de Deyda Hydara n'avançait pas et qu'il suggérait aux journalistes intéressés de « demander à Deyda Hydara qui l'avait tué ». La répression des médias en Gambie ne date pas d'aujourd'hui. Le manque d'indépendance de la justice dans les affaires impliquant des journalistes et des défenseurs des droits humains ne cesse de s'amplifier. En novembre 2008, lors de la 44e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples à Abuja, au Nigéria, Amnesty International a diffusé un rapport intitulé Gambia: Fear Rules, qui mettait l'accent sur la détérioration de la situation des droits humains en Gambie. Le 22 juillet 2009, Amnesty International et des associations de toute l'Afrique ont organisé une journée d'action pour protester contre la poursuite des violations des droits humains, et en particulier de la répression des médias, en Gambie.