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Les troubles que connaît le Honduras se seraient soldés par plusieurs morts

Les autorités honduriennes doivent immédiatement suspendre l'opération « répressive » déclenchée en réaction à une semaine de violents troubles politiques qui auraient fait cinq morts, a déclaré Amnesty International. Selon les informations reçues, la police a abattu un jeune homme âgé de dix-huit ans à San Pedro Sula le 22 septembre. Quatre autres morts ont été signalées à Tegucigalpa, la capitale, sur fond de manifestations très suivies contre les autorités de facto. « Il faut que les autorités de facto mettent un terme immédiat à ces tactiques répressives et s'engagent à respecter les droits humains les plus fondamentaux », a rappelé Susan Lee, directrice du programme Amériques d'Amnesty International. Une brusque hausse des violences policières, des arrestations massives de manifestants et des actes d'intimidation visant les défenseurs des droits humains a été notée depuis le retour au Honduras, le 21 septembre, du président déchu Manuel Zelaya, qui avait été expulsé du pays à la suite d'un coup d'État en juin. Certaines informations indiquent que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants. Un homme de soixante-cinq ans a succombé à des blessures par balle lors d'une manifestation à Tegucigalpa. Les circonstances de trois autres morts présumées dans la capitale n'ont pas encore été éclaircies. L'homme qui aurait été abattu à San Pedro Sula a été identifié ; il s'agirait de José Jacobo Euceda Perdomo, dix-huit ans. Amnesty International a cru comprendre que la police a effectué des descentes dans des quartiers résidentiels pauvres de Tegucigalpa et de San Pedro Sula dans la nuit du 22 septembre et le 23 septembre au matin, à la recherche d'opposants aux autorités qui avaient pris part à des actions de protestation. La police aurait tiré à balles réelles et utilisé du gaz lacrymogène dès son irruption dans les foyers concernés, avant de rouer de coups et d'arrêter certains occupants. Il semble que les jeunes aient tout particulièrement été pris pour cible. On ignore toujours où les personnes arrêtées à Tegucigalpa se trouvent exactement. Certaines ont été conduites dans les principaux postes de police, tandis qu'il est possible que d'autres aient été maintenues en détention dans les quartiers résidentiels visés. Des méthodes faisant à ce point fi des règles en usage exposent les personnes concernées au risque de graves violations des droits humains, puisqu'il se peut que leur placement en détention ne soit jamais officiellement enregistré. Des témoins ayant assisté à ces scènes à Tegucigalpa ont également indiqué avoir vu des militaires asséner des coups de massue en bois à des personnes prises au hasard dans la rue. Les préoccupations en matière de droits humains au Honduras se sont accrues après que le président démocratiquement élu, José Manuel Zelaya Rosales, eut été déposé le 28 juin, et expulsé du pays par un groupe de responsables politiques soutenus par l'armée et emmenés par Roberto Micheletti, alors président du Congrès national. Le pays est en proie à des troubles de grande ampleur depuis le coup d'État, et de nombreux affrontements ont opposé l'armée et la police à des citoyens qui manifestaient. Les tensions sont en hausse depuis le retour du président déchu, José Manuel Zelaya, le 21 septembre. Amnesty International a recueilli des informations concernant les restrictions pesant sur la liberté d'expression depuis le coup d'État. Parmi les faits constatés figurent la fermeture de certains médias, la confiscation d'équipements et des violences physiques à l'égard de journalistes et de caméramen couvrant les événements. « Les Honduriens méritent qu'une solution soit apportée dans les meilleurs délais à cette situation qui s'aggrave de jour en jour, a ajouté Susan Lee. Les efforts livrés par la communauté internationale afin de parvenir à négocier une issue à ces affrontements politiques fournissent la meilleure occasion possible d'éviter une crise des droits humains et doivent être soutenus par tous les camps politiques au Honduras. »