Chine : des militants venus en aide aux victimes d’un tremblement de terre vont être jugés

Deux militants qui étaient venus en aide aux victimes du tremblement de terre qui a touché la province du Sichuan en mai 2008 vont passer en jugement ce mois-ci. L’arrestation de ces deux hommes s’inscrit dans le cadre des mesures que le gouvernement chinois continue de prendre, en se basant sur la législation pénale, afin d’entraver des activités de défense des droits humains pourtant légales et pacifiques.

Huang Qi sera jugé à huis clos le 5 août devant le tribunal populaire du district de Houwu, à Chengdu. Il est accusé de « détention illégale de documents classés hautement confidentiels ». Il risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement.

Un autre militant intervenu auprès des victimes du tremblement de terre, Tan Zuoren, sera jugé devant le tribunal populaire intermédiaire de Chengdu le 12 août pour « incitation à la subversion de l’État ». Il est accusé d’avoir diffamé le Parti communiste et le gouvernement chinois dans ses écrits en ligne relatifs à la façon dont les autorités ont réagi en ce qui concerne la répression du soulèvement de la place Tiananmen en 1989.

Or, selon des sources locales, Tan Zuoren aurait été arrêté parce qu’il avait l’intention de rendre publique, au moment du premier anniversaire du tremblement de terre, un rapport d’enquête indépendante sur l’effondrement de bâtiments scolaires dû à la corruption au sein du gouvernement.

« Après plus de treize mois de détention, Huang Qi souffre de graves problèmes de santé, notamment de deux tumeurs apparues depuis son incarcération, et l’on craint qu’il ne reçoive pas les soins médicaux nécessaires », a déclaré Madhu Malhotra, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

Les autorités ont rejeté les demandes successives présentées par sa famille afin qu’il bénéficie d’une libération sous caution dans l’attente de son procès.

Huang Qi a été interrogé à de nombreuses reprises au sujet de l’aide qu’il a apportée aux parents ayant engagé contre les autorités locales des poursuites en lien avec le tremblement de terre : leurs enfants sont morts lorsque les bâtiments scolaires se sont effondrés et ils estiment que c’est à cause de la corruption qui gangrène les institutions locales que des bâtiments publics de mauvaise qualité ont été construits et se sont écroulés lors du séisme.

Amnesty International a appelé les autorités chinoises à abandonner les poursuites engagées pour des motifs politiques contre Huang Qi et Tan Zuoren, et à libérer ces deux hommes immédiatement et sans condition.