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Le projet minier de Vedanta menace les moyens de subsistance et l'identité culturelle d'une communauté indigène en Inde

Le gouvernement indien doit immédiatement retirer l'autorisation accordée à un vaste projet minier qui menace les moyens de subsistance et l'avenir d'une communauté indigène protégée vivant sur place, a déclaré Amnesty International ce mercredi 8 juillet 2009. En avril 2009, les autorités indiennes ont autorisé Vedanta Aluminium Limited et l'entreprise minière d'État Orissa Mining Corporation à extraire de la bauxite pendant les vingt-cinq prochaines années dans les collines de Niyamgiri (État d'Orissa, dans l'Est de l'Inde). La mine se trouve sur les terres traditionnelles des Dongria Khond, communauté indigène bénéficiant d'une protection spéciale que lui confère le droit indien. En mars, une délégation d'Amnesty International s'est entretenue avec des membres de cette communauté, qui craignent que la mine ne détruise leurs sites sacrés, ne décime leurs forêts, ne pollue leurs sources d'eau et ne génère un afflux de circulation et de population risquant de mettre en péril leur mode de vie traditionnel. « Depuis des siècles, les Dongria Khond considèrent les collines de Niyamgiri comme sacrées, fondatrices de leur identité collective et de leurs croyances religieuses. Elles sont aussi essentielles à leur survie économique et physique, a expliqué Madhu Malhotra, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. L'avenir des Dongria Khond, communauté qui compte 8 000 membres, est désormais compromis. » Les Dongria Khond jouissent d'un statut spécial garanti par la législation indienne. Leur communauté et leurs terres traditionnelles sont protégées par la Constitution indienne, les lois nationales et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. « Faisant fi des normes internationales relatives aux droits humains, les autorités indiennes n'ont pas obtenu le consentement libre et éclairé des Dongria Khond avant de donner le feu vert à ce projet, a renchéri Madhu Malhotra. Leur existence même en tant que peuple indigène est aujourd'hui en jeu. » Amnesty International demande instamment aux autorités indiennes de s'acquitter de leurs obligations internationales en matière de droits humains et d'annuler l'autorisation accordée au projet d'extraction minière, jusqu'à ce que des mesures soient prises pour s'assurer qu'il ne porte pas préjudice aux droits fondamentaux des Dongria Khond et d'autres communautés. Les autorités se doivent de mettre en œuvre un processus de consultation digne de ce nom auprès des communautés susceptibles d'être affectées par ce projet.