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Libération d'un prisonnier palestinien au Liban

Un Palestinien qui était emprisonné depuis quinze ans pour un crime qu'il avait toujours nié avoir commis a été remis en liberté lundi à la faveur d'une grâce présidentielle. Yusef Chaban, refugié palestinien qui résidait au Liban, a été condamné en 1994 à une peine d'emprisonnement à perpétuité par le Conseil de justice après avoir été déclaré coupable du meurtre d'un diplomate jordanien, Naib Omran al Maaita, commis à Beyrouth. Lors de son procès il a dit avoir été torturé pendant sa détention et a protesté de son innocence. Yusef Chaban a été maintenu en détention alors même qu'un tribunal jordanien a conclu en 2002 que le meurtre du diplomate avait été commis par d'autres personnes, qu'il a reconnues coupables de ce crime. Aux termes de la législation libanaise, les décisions rendues par le Conseil de justice ne sont pas susceptibles d'appel et ne peuvent pas être annulées, ce qui signifie que les erreurs judiciaires ne peuvent pas être facilement rectifiées. Yusef Chaban a été libéré après que le président libanais Michel Suleiman lui a accordé une grâce spéciale en raison de l'erreur judiciaire flagrante dont il a été victime. On ignore pourquoi les prédécesseurs de l'actuel président n'avaient pas pris cette mesure. En juin 2007, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a déclaré que le maintien en détention de Yusef Chaban était arbitraire, et il a appelé les autorités libanaises à remédier à cette situation. Yusef Chaban a reçu un accueil chaleureux lorsqu'il est retourné chez lui, dans le camp de réfugiés de Burj al Barajneh, dans le sud de Beyrouth, après sa libération. Une foule l'attendait, des femmes jetaient du riz et des fleurs pour célébrer son retour et des hommes l'ont porté sur leurs épaules. « Je ne vais pas le quitter une seconde, c'est mon nouvel ami », a déclaré Hanin, sa fille adolescente, aux journalistes venus couvrir cet événement. Elle n'avait jusque là jamais pu voir son père que lors des visites à la prison. Amnesty International a vivement salué la libération de Yusef Chaban. L'organisation demandait depuis décembre 2007 aux autorités libanaises le réexamen urgent et indépendant de son cas. Amnesty International continue par ailleurs de demander l'abolition du Conseil de justice car cette juridiction ne respecte pas les normes internationales en matière d'équité. Le Conseil de justice a la réputation d'être fortement influencé par des considérations politiques dans son fonctionnement ; de longs reports d'audience sont monnaie courante, ce qui porte atteinte au droit à un procès équitable, et il ne prévoit pas le droit d'interjeter appel, même dans les cas où la peine de mort est prononcée.