Le Parlement lituanien adopte une loi homophobe

Le Parlement lituanien a adopté mardi une loi controversée qui institutionnalise l’homophobie.

Amnesty International a condamné cette loi discriminatoire, qui a été adoptée après qu’une majorité de parlementaires s’est prononcée en faveur de l’annulation du veto présidentiel.

Le président Valdas Adamkus avait en effet opposé son veto à la Loi relative à la protection des mineurs contre les effets préjudiciables des informations publiques, qui viole le droit à la liberté d’expression et le droit de ne pas être victime de discrimination.

Malgré cela, 87 des 140 parlementaires ont voté mardi en faveur de cette loi – 25 se sont abstenus et seuls six se sont opposés au texte.

Cette loi instaurant une large censure avait déjà été adoptée par le Parlement lituanien le 16 juin. Elle a été largement critiquée en raison des restrictions discriminatoires qu’elle prévoit concernant les informations relatives à l’homosexualité destinées au public.

Ce texte vise à interdire la diffusion auprès du public des informations relatives à l’homosexualité et à la bisexualité ainsi que des documents qui décrivent des violences physiques ou psychologiques et montrent des cadavres.

Une des dispositions du texte vise à interdire les documents qui « attirent l’attention sur les relations homosexuelles, bisexuelles et polygames » dans les écoles, les lieux publics et les médias lorsque ces informations sont susceptibles d’être vues par des enfants, au motif qu’elles auraient un « effet néfaste sur le développement des mineurs ».

Cette disposition pourrait être utilisée pour interdire toute discussion légitime sur l’homosexualité et pour entraver le travail des défenseurs des droits humains.

Amnesty International craint fortement que cette loi n’institutionnalise l’homophobie, ce qui aura pour conséquence d’entraver le travail des défenseurs des droits humains et d’accroître la stigmatisation et les préjugés dont sont victimes les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGTB).

« Plutôt que de protéger les enfants, cette loi prive les jeunes de leur droit à la liberté d’expression ainsi que de l’accès à l’information et risque d’isoler les enfants qui figurent déjà parmi les personnes les plus menacées par la violence à l’école ou au sein de la famille », a déclaré John Dalhuisen, chercheur spécialiste de la discrimination en Europe à Amnesty International.

Amnesty International a appelé le gouvernement lituanien à respecter ses obligations internationales en matière de droits humains et à abroger la Loi relative à la protection des mineurs contre les effets préjudiciables des informations publiques, que l’organisation juge discriminatoire.

Le gouvernement doit aussi veiller à ce que toutes les personnes en Lituanie, y compris les enfants, puissent pleinement exercer leur droit à la liberté d’expression, y compris le droit de rechercher, recevoir ou communiquer des informations.