• Nouvelles

Les habitants des bidonvilles de Nairobi ont défilé pour réclamer le respect de leurs droits fondamentaux

Mardi 9 juin, dans le centre de Nairobi, la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, a pris la tête d'un défilé auquel ont participé plusieurs centaines d'habitants des bidonvilles de Nairobi, qui demandaient au gouvernement de prendre des mesures pour améliorer leurs conditions de vie misérables et réclamaient le respect de leurs droits fondamentaux. Les participants à cette marche vivent dans des quartiers informels installés dans toute la ville de Nairobi, où près de la moitié de la population vit dans des bidonvilles. Des banderoles réclamaient le respect du droit à un logement convenable et aux services essentiels en matière de santé et d'éducation notamment, et la fin des expulsions forcées – un grand nombre des participants avaient perdu leurs biens et leur logement à cause des expulsions forcées. « Nos droits – Notre vie », scandaient en swahili les manifestants. « Le droit au logement – La lutte continue » Irene Khan marchait aux côtés de Lady Soweto, une militante du village de Soweto dans le bidonville de Kibera (le plus grand bidonville d'Afrique). Parmi les autres participants à cette marche figuraient des femmes âgées de quatre-vingt ans et plus, des gymnastes et des troupes de théâtre. Des délégués d'Amnesty International les accompagnaient. Ce défilé très animé, qui avançait au rythme des chants, des danses et des acclamations, a traversé le centre de Nairobi et s'est ensuite rassemblé devant l'Ufungamano House où les gens sont montés sur scène pour parler de leur vie dans les quartiers informels, du dénuement, de l'insécurité et de l'exclusion qu'ils endurent au quotidien, et du fait qu'ils ne peuvent pas faire entendre leur voix. « La majeure partie de la population de Nairobi vit dans des quartiers informels. Vous êtes la majorité, et si nous réussissons ensemble à éliminer les obstacles qui vous empêchent d'exercer ce pouvoir, alors aucun requin de l'immobilier, aucun fonctionnaire corrompu ni aucun homme politique incompétent ou uniquement soucieux de ses propres intérêts ne pourra vous retenir, a déclaré Irene Khan lors du discours qu'elle a prononcé devant la foule et qui a été chaleureusement accueilli avec des applaudissements et des acclamations. « Ce qui m'a surprise dans les bidonvilles de Nairobi, ce ne sont pas les terribles conditions de vie mais l'énergie, l'organisation des communautés et le sentiment qu'il existe une force qui vient des gens et qui ne demande qu'à être libérée », a-t-elle ajouté. Irene Khan a alors invité la foule des habitants de bidonvilles qui s'étaient rassemblés à envoyer gratuitement des SMS au gouvernement kenyan pour lui dire ce que vivre dans la dignité et le droit au logement signifient pour eux. Les messages ont été simultanément envoyés à la fin du compte à rebours lancé par Irene Khan. Cette action SMS était la première du genre menée dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International Exigeons la dignité qui a été lancée le mois dernier. La campagne Exigeons la dignité a pour objectif de donner à ceux qui vivent dans la pauvreté les moyens de faire valoir leurs droits auprès des plus hautes instances gouvernementales. Les messages d'habitants des bidonvilles collectés par le biais de l'action SMS et du site www.demanddignity.org seront présentés au gouvernement kenyan à l'occasion de la Journée mondiale de l'habitat.