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D'anciens détenus de Bagram affirment avoir fait l'objet de violences lorsqu'ils étaient aux mains des Américains

Les allégations de violences d'anciens détenus de Bagram qui ont été reprises récemment dans un reportage sont conformes à ce qu'Amnesty International a découvert lors de ses propres recherches. Vingt-sept hommes détenus à différents moments entre 2002 et 2008 par les États-Unis sur la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, ont indiqué à la British Broadcasting Corporation (BBC) qu'ils avaient subi des violences telles que des coups, le maintien dans des positions douloureuses, l'exposition à des températures extrêmes, le déshabillage, la privation de sommeil, et des menaces de mort. « Les interviews données à la BBC par d'anciens détenus de Bagram montrent à quel point il est urgent que les différents intervenants soient tenus de rendre des comptes, en toute transparence, et que les droits fondamentaux des personnes détenues en Afghanistan par les États-Unis soient protégés, a déclaré Rob Freer, spécialiste des États-Unis à Amnesty International. Il faut que les autorités américaines nomment une commission d'enquête indépendante sur les méthodes de détention et d'interrogatoire pratiquées par les États-Unis dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" instaurée par le gouvernement de George W. Bush. Il faudra enquêter sur les détentions en Afghanistan pendant toute cette période. » Amnesty International a déclaré qu'elle regrettait que le nouveau gouvernement des États-Unis ait adopté l'approche de son prédécesseur en ce qui a trait aux droits légaux des détenus de Bagram. L'organisation a appelé le président Obama et son gouvernement à reconnaître le droit des détenus à remettre en cause la légalité de leur détention auprès d'un tribunal indépendant et impartial. Le gouvernement a fait appel de la décision prise par un juge fédéral en avril d'autoriser trois ressortissants non-afghans détenus à Bagram à exercer leur droit d'habeas corpus devant un tribunal fédéral des États-Unis. Le mois dernier, le Pentagone indiquait dans un courrier à Amnesty International qu'il y avait « environ 565 » personnes détenues à Bagram. On ignore qui elles sont, les circonstances de leur arrestation, le traitement qui leur est réservé et leurs conditions de détention. Aucune de ces personnes n'a eu accès à un avocat ou un magistrat. En réponse aux préoccupations de l'organisation concernant la détention de mineurs, le Pentagone a indiqué que l'armée américaine avait arrêté une centaine de mineurs en Afghanistan dont « moins de cinq » étaient toujours détenus. Le courrier du Pentagone ne donnait pas d'autre renseignement sur les détentions à Bagram et indiquait que les informations qu'Amnesty International avait demandées étaient classées secrètes ou faisaient l'objet d'une procédure judiciaire devant un tribunal fédéral.