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Le nombre d'arrestations et d'homicides augmente en Iran alors que les manifestations s'emparent du pays

Les actions de protestation contre la victoire contestée de Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle iranienne ont gagné l'ensemble du pays. De nouvelles informations indiquent qu'une quinzaine de manifestants ont été tués et qu'une centaine d'autres ont été blessés ou arrêtés par les forces de sécurité. Près de deux millions de personnes, dont des partisans du dirigeant de l'opposition, Hossein Mousavi, ont défilé dans les rues de Téhéran le 15 juin afin de protester contre les résultats du scrutin. Un grand nombre de personnes se sont rassemblées à nouveau le 16 juin dans l'après-midi, bien que le gouvernement ait menacé de sévir contre les « manifestations illégales ». Ailleurs dans le pays, la police et les forces de sécurité ont usé d'une force excessive pour réprimer des actions de protestation similaires suscitées par l'annonce de la réélection du président Ahmadinejad. Outre les sept manifestants tués à Téhéran, trois personnes seraient mortes à Orumiyeh et à Chiraz. Si l'arrestation de dizaines de militants politiques dans la capitale a largement été relatée, la situation dans les moyennes et grandes villes de province n'a pas bénéficié du même écho. À Tabriz (nord-ouest du pays), 17 militants politiques, dont des médecins et des personnes affiliées au Nehzat e Azadi ye Iran (Mouvement pour la liberté de l'Iran), auraient été appréhendés et conduits dans des lieux indéterminés dans la nuit du 15 juin, à la suite d'une manifestation pacifique ayant eu lieu sur la place Abresan, dans cette ville. Figurent parmi ces personnes le docteur Ghaffari Farzadi, membre dirigeant du comité central du Mouvement pour la liberté de l'Iran et maître de conférences à l'université de Tabriz. Il semble que les étudiants aient tout particulièrement été pris pour cible. Des membres des forces de sécurité se sont introduits dans les dortoirs de l'université de Tabriz le 15 juin et ont arrêté 10 étudiants ayant pris part aux manifestations. Le lendemain, le militant et dirigeant d'association étudiante Amir Mardani était au nombre des centaines de personnes supplémentaires arrêtées. Dans la ville d'Orumiyeh, également située dans le nord-ouest du pays, les médias locaux ont signalé le 16 juin que deux personnes avaient été tuées et des centaines d'autres appréhendées lors d'opérations de répression contre quelque 3 000 manifestants défilant le long de la rue Imam. À Chiraz (sud du pays), les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène pour entrer de force dans une bibliothèque universitaire. Certaines sources indiquent que plusieurs étudiants ont été roués de coups et qu'une centaine de jeunes gens ont arrêtés. D'après des informations non confirmées, une personne a été tuée. Dans la ville de Babol (nord du pays), des paramilitaires armés et des représentants des autorités vêtues en civil auraient encerclé l'université de la ville et s'en seraient pris à des étudiants dans les résidences universitaires. Le même mode opératoire a été observé dans d'autres zones. À Meched, dans le nord-est, les forces de sécurité ont là aussi agressé des étudiants, et à Zahedan, dans le sud-est, deux étudiants figuraient parmi les personnes arrêtées, dont le nombre s'élève à trois au moins. Amnesty International a demandé aux autorités iraniennes de faire preuve de modération dans le cadre de leurs opérations de maintien de l'ordre s'il doit y avoir de nouvelles manifestations en rapport avec les résultats de l'élection, et de cesser de s'en prendre aux étudiants. L'organisation se penche actuellement sur les morts signalées.