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Le Conseil de sécurité des Nations unies doit intervenir afin de soutenir Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi, grande figure du mouvement en faveur de la démocratie au Myanmar, doit être jugée lundi 18 mai parce qu'un ressortissant américain a semble-t-il traversé à la nage le lac se trouvant devant chez elle et passé deux jours à son domicile. Amnesty International a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et les pays voisins du Myanmar à intervenir de toute urgence pour obtenir qu'Aung San Suu Kyi soit libérée de prison. La mesure d'assignation à domicile dont elle fait l'objet doit expirer le 27 mai 2009. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, aurait déclaré que le procès à venir n'était qu'un prétexte pour continuer à la priver de liberté. « Le gouvernement du Myanmar doit remettre Aung San Suu Kyi en liberté immédiatement et sans condition, et ne pas rétablir son placement en résidence surveillée », a déclaré Benjamin Zawacki, spécialiste du Myanmar à Amnesty International. Amnesty International tient également à signaler l'arrestation de deux femmes vivant avec Aung San Suu Kyi, Khin Khin Win et sa fille, appréhendées en même temps qu'elle. L'état de santé d'Aung San Suu Kyi s'est récemment dégradé. Lorsque son médecin personnel, Tin Myo Win, s'est présenté chez elle le 7 mai, les forces de sécurité l'ont empêché d'entrer. De retour à son domicile, il a été emmené par les autorités. Tin Myo Win est un ancien prisonnier d'opinion ; on ignore où il se trouve actuellement. « Khin Khin Win, sa fille et Tin Myo Win font désormais partie des plus de 2 100 prisonniers politiques actuellement incarcérés au Myanmar », a ajouté Benjamin Zawacki. « Comme les autres prisonniers politiques, ils risquent de subir des actes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements. Les conditions carcérales au Myanmar sont extrêmement dures et mettent en danger la santé des détenus. » « Faute d'une condamnation internationale unanime, le gouvernement du Myanmar continuera à faire preuve du mépris le plus total pour les droits humains. Aujourd'hui plus que jamais, le Conseil de sécurité et les pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est doivent adresser aux généraux le message sans équivoque qu'ils ne peuvent plus agir en toute impunité », a conclu Benjamin Zawacki. Aung San Suu Kyi a passé treize des dix-neuf dernières années privée de liberté, la plupart du temps en résidence surveillée. En mars dernier, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a déclaré que son incarcération enfreignait aussi bien le droit international que la législation du Myanmar.