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Les roms demandent aux autorités tchèques d’endiguer la montée de l’extrémisme

La communauté rom et les militants de la société civile en République tchèque doivent prendre part à une manifestation nationale le 3 mai pour protester contre les attaques violentes qu’a récemment subies une famille rom. Le 18 avril, dans le village de Vítkov, des cocktails Molotov ont été lancés sur la maison de Robert Kudrik, qu'il occupait avec sa compagne, leurs quatre enfants et trois autres membres de sa famille. L’incendie a complètement détruit leur maison et grièvement blessé les parents. Leur fillette de deux ans, Natálka, se trouve dans le coma, brûlée à 80 pour cent. D’après la police, on ignore encore les raisons de cette attaque, mais l’hypothèse d’un crime à caractère raciste ne peut être écartée. « Amnesty International se joint à la société civile et aux Roms de la République tchèque qui en appellent aux autorités pour faire face à la montée de l’extrémisme dans le pays », a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. Les attaques violentes que mènent les groupes d’extrême droite contre la communauté des Roms se sont intensifiées dans certaines régions de la République tchèque. Un nombre croissant de manifestations et de déclarations émanant de certains groupes d’extrême droite tchèques incitent à la discrimination, à l’hostilité, voire à la violence contre les Roms. De nombreux Roms dans le pays affirment craindre pour leur vie. On estime que la communauté rom en République tchèque compte entre 160 000 et 300 000 membres, représentant entre 1,6 et 3 p. cent de la population globale. Les Roms continuent d’être victimes de discrimination aux mains des représentants de l’État comme des particuliers, notamment en matière de logement, d’éducation, de soins et d’emploi. Ils sont en butte aux expulsions forcées, à la ségrégation dans l’enseignement et aux violences racistes. En outre, lorsqu'ils sont victimes d’abus et cherchent à obtenir justice, ils parviennent rarement à avoir gain de cause. Le Premier ministre sortant Mirek Topolánek a publiquement condamné ces agissements, déclarant qu’ils devaient faire l’objet d’une enquête exhaustive et qu’il incombait à la police de déterminer s’il s’agissait d’une agression à caractère raciste. Le président Václav Klaus a dénoncé ce « crime cruel, abominable » et cet « acte monstrueux ». « Les autorités tchèques doivent maintenant s’engager un peu plus loin et apporter leur soutien à la manifestation nationale, ce qui ferait clairement savoir que l’ensemble de la société condamne ces attaques dans les termes les plus vifs, a estimé Nicola Duckworth. « Elles doivent veiller à ce que la communauté rom et les militants de la société civile puissent défiler dans les rues des villes tchèques pour revendiquer leurs droits en toute sécurité et en toute dignité. »