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Trois prisonniers politiques libérés au Zimbabwe

Au Zimbabwe, tous les membres du groupe de 18 défenseurs des droits humains et militants politiques qui avaient été ré-arrêtés le 5 mai sont désormais en liberté sous caution. Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa ont été libérés le 13 mai sur décision de la Haute Cour. Ces trois hommes étaient hospitalisés au moment de leur remise en liberté – deux d'entre eux sont soignés pour des blessures subies sous la torture lors de leur détention aux mains des services de sécurité. Ils faisaient partie de la trentaine de personnes soumises à une disparition forcée entre octobre et décembre 2008. Vingt-trois, dont les trois hommes libérés le 13 mai, avaient été « découvertes », les 22 et 23 décembre, dans différents postes de police de Harare et de ses environs. Loin d'arrêter leurs ravisseurs, la police avait au contraire placé ces victimes de disparitions forcées en détention illégale. Sept personnes qui, selon le Mouvement pour le changement démocratique (MCD, le parti du Premier Ministre Morgan Tsvangirai), avaient été enlevées en même temps que les 23 autres, n'ont jamais été retrouvées. Les détenus, à l'exception de Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa, ont été remis en liberté en février et mars 2009. Après avoir été « découverts », ces trois hommes avaient été inculpés d'infractions pénales et traduits devant un tribunal. Leurs avocats avaient fait valoir qu'en tant que victimes d'un enlèvement, leurs clients auraient dû se trouver plutôt du côté des parties civiles que sur le banc des accusés. Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa ont été inculpés d'insurrection, de banditisme, de sabotage et de terrorisme, pour leur implication présumée dans des attentats à l'explosif ayant endommagé des locaux de la police et un pont. De l'avis général, ces charges ont été forgées de toutes pièces. Lorsqu'ils ont pu enfin rencontrer leurs avocats, les trois prisonniers ont déclaré qu'ils avaient été torturés. Le juge, après plusieurs reports, les a autorisés à être examinés par les médecins de leurs choix, qui ont confirmé l'existence de blessures concordant avec leurs allégations de torture. Le 17 avril 2009, après plusieurs mois de détention, les trois hommes ont été remis en liberté sous caution, le ministère public n'ayant pas dans les délais requis déposé de recours contre une décision en ce sens. Trois jours après leur libération, cependant, Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini et Gandhi Mudzingwa ont été de nouveau placés sous surveillance armée, de gardiens de prison dans un premier temps, puis de policiers. Le 5 mai, 18 des personnes précédemment détenues, parmi lesquelles Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa, ont été mises en accusation et citées à comparaître devant la Haute Cour. Quinze ont été de nouveau remises en liberté sous caution le lendemain. Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa n'ont cependant pas bénéficié de cette mesure, en raison apparemment de la gravité des charges portées contre eux – insurrection, banditisme, sabotage et terrorisme. Les trois hommes ont été détenus sous surveillance dans des hôpitaux de Harare jusqu'à leur libération.