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Protestations dans le monde après l'exécution de Delara Darabi

La section britannique d'Amnesty International organise le 6 mai entre 16 heures et 18 heures une manifestation devant l'ambassade d'Iran à Londres. En signe de protestation contre l'exécution de Delara Darabi et la présence dans les prisons iraniennes de tant d'autres mineurs délinquants qui ont été condamnés à mort, des fleurs pourront être déposées au 16 Princes Gate, SW7 1PT. La secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, et d'autres membres de l'organisation déposeront des lys blancs devant la représentation diplomatique iranienne à Londres. De nombreuses actions de protestation sont prévues ailleurs dans le monde. « Le consensus international défavorable à l'exécution des mineurs délinquants reflète la vaste prise de conscience que la vie de mineurs ne doit jamais être abrégée, compte tenu de leur immaturité, de leur impulsivité, de leur vulnérabilité et de leur capacité à se réinsérer – aussi horribles que soient les faits pour lesquels ils sont condamnés, a expliqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. On a appris par la presse que les autorités iraniennes avaient ordonné, le 6 mai, le report de l'exécution de condamnés qui s'étaient vu infliger la peine capitale pour des crimes commis alors qu'ils n'avaient pas dix-huit ans. On ignore la durée du sursis accordé. « La programmation de ces exécutions, quelques jours après le choc de celle de Delara Darabi, montre que les autorités iraniennes ont le mépris le plus total pour le droit international, qui proscrit sans équivoque l'exécution de personnes reconnues coupables de crimes commis alors qu'elles étaient mineures », a poursuivi Hassiba Hadj Sahraoui. Amir Khaleqi et Safar Angooti devaient être exécutés le 6 mai à 4 heures du matin, heure locale, à la prison d'Evin. Ils ont l'un et l'autre été condamnés pour meurtre, des crimes qu'ils auraient commis respectivement à l'âge de seize et dix-sept ans. La décision de report de leur exécution est intervenue cinq jours après que Delara Darabi eut été mise à mort, pour un meurtre perpétré alors qu'elle avait dix-sept ans. Depuis janvier 2009, l'Iran a exécuté au moins deux personnes pour des crimes qu'elles auraient commis alors qu'elles étaient mineures. Aucun autre pays n'a appliqué ce châtiment à cette catégorie de condamnés depuis 2007. On sait qu'au moins 135 autres mineurs délinquants sont détenus dans le quartier des condamnés à mort en Iran. Amnesty International a demandé instamment aux autorités iraniennes d'adopter une loi interdisant une fois pour toutes l'exécution de mineurs délinquants, y compris ceux qui ont été déclarés coupables de meurtre. Selon Mohammad Mostafaie, l'avocat des deux condamnés, Amir Khaleqi a tué un homme au cours d'une bagarre alors qu'il était ivre. Le jeune homme ne se souvient pas de la manière dont les événements se sont enchaînés mais il était si pétri de remords qu'il s'est livré à la police. Il avait seize ans au moment des faits. Bien que le tribunal ait pris en considération le fait qu'il avait bu et était mineur à l'époque, il a finalement été condamné à la peine capitale. Le responsable du pouvoir judiciaire lui a accordé en février un sursis de deux mois, qui est désormais expiré. Safar Angooti a été reconnu coupable de meurtre à l'âge de dix-sept ans. Selon le journal Etemad, il a poignardé en avril 2008 un rival amoureux qui parlait à une jeune fille qui lui plaisait, acte pour lequel il a été condamné à mort. S'il a admis avoir tué cet homme, il affirme que ce n'était pas intentionnel. Selon certaines informations, Mohammad Mostafaie a lui-même été arrêté le 5 mai alors qu'il venait de s'entretenir avec Ali Reza Jamshidi, porte-parole du pouvoir judiciaire, afin d'essayer d'obtenir la suspension des exécutions. Il a été libéré quelques heures plus tard.