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Les appels en faveur de la libération de Roxana Saberi se multiplient

Des appels ont été envoyés aux autorités iraniennes pour leur demander de libérer la journaliste irano-américaine condamnée à huit ans d'emprisonnement pour espionnage. « Roxana Saberi devrait être libérée immédiatement et sans condition, à moins que les autorités iraniennes ne puissent fournir des éléments prouvant de manière convaincante qu'elle a commis une infraction pénale prévue par la loi », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.   « Nous craignons qu'elle ne soit qu'un pion sur l'échiquier des relations entre les États-Unis et l'Iran. » Son père, Reza Saberi, a indiqué que sa fille avait fait des "aveux" – sans doute pendant les cinq premières semaines au cours desquelles elle ne pouvait pas entrer en contact avec un avocat – parce que les enquêteurs lui avaient fait croire qu'elle serait libérée si elle coopérait. Roxana Saberi est revenue sur ces aveux lors du procès. Roxana Saberi, qui est née aux États-Unis mais vit depuis six ans en Iran, a été condamnée le 18 avril à huit ans d'emprisonnement pour « espionnage », à l'issue d'un procès à huis clos. Arrêtée le 31 janvier 2009, elle avait été conduite à la prison d'Evin à Téhéran, où les informations faisant état d'actes de torture et de mauvais traitements sont monnaie courante. Roxana Saberi a été accusée dans un premier temps d'avoir acheté de l'alcool et, dans un deuxième temps, d'avoir travaillé alors que sa carte de presse n'était plus valable. Peu après, l'inculpation plus grave d'espionnage a été formulée et Roxana Saberi a été jugée à huis clos par un tribunal révolutionnaire, et condamnée. Aucun élément attestant de son activité d'espionnage n'a été rendu public. L'avocat de Roxana Saberi a annoncé son intention d'interjeter appel de la reconnaissance de culpabilité et de la sentence. Le responsable de l'appareil judiciaire a écrit au juge de Téhéran pour lui demander de faire en sorte que le plus grand soin soit apporté à la procédure d'appel et que celle-ci se déroule en toute équité et dans les meilleurs délais. « Le fait que Roxana Saberi ait fait l'objet d'accusations changeantes entre son arrestation et son procès incite à se demander si les autorités iraniennes ne cherchaient pas un alibi pour la maintenir coûte que coûte en détention », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.   « Nous avons aussi noté que le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré qu'il avait donné comme instruction au procureur général de Téhéran de veiller à ce que Roxana Saberi jouisse de tous les droits prévus par la loi pour assurer sa défense.  Ces propos récents du président Ahmadinejad s'apparentent à une reconnaissance tacite d'un fait que nous soulignons depuis des années, à savoir qu'en Iran il n'est pas facile d'obtenir justice. » « Si, comme cela semble être le cas, Roxana Saberi est détenue uniquement pour des raisons politiques liées aux relations entre les États-Unis et l'Iran ou parce qu'elle a exercé son droit internationalement reconnu à la liberté d'expression, alors la journaliste est une prisonnière d'opinion et elle devrait être libérée immédiatement et sans condition. Nous espérons, qu'au moins dans cette affaire, la justice sera rendue en appel. »