Au Mozambique, au moins 13 personnes sont mortes tandis qu’elles étaient en garde à vue dans une cellule surpeuplée d’un poste de police.
Amnesty International a engagé les autorités du pays à ouvrir de toute urgence une enquête sur ces morts. Les corps sans vie ont été découverts le 17 mars dans une cellule d’un poste de police de la région du Mogencual (province de Nampula, dans le nord du pays).
Il a dans un premier temps été annoncé que 12 détenus étaient morts, mais la Ligue mozambicaine des droits humains (LMDH) a déclaré qu’il était avéré qu’au moins 13 étaient décédés. D’après la LMDH, plus de 40 détenus se trouvaient en garde à vue dans cette cellule censée accueillir dix personnes maximum.
Au moins 12 des 13 personnes ayant trouvé la mort faisaient partie d’un groupe de 29 personnes arrêtées pour incitation présumée à la violence, après que deux travailleurs de la Croix-Rouge et deux policiers furent tués au cours de mouvements de protestation violents à propos d’un traitement contre le choléra. Les violences ont éclaté dans le village de Quinga le samedi 14 mars, lorsque les résidents ont accusé les membres de la Croix-Rouge, qui versaient alors du chlore dans les puits, de contaminer leur eau avec les germes responsables du choléra.
L’administrateur du district a avancé que les morts pouvaient avoir résulté de bagarres entre ces détenus une fois en garde à vue. Les causes de leur décès n’ont cependant pas encore été établies.
Amnesty International a demandé aux autorités de faire le nécessaire pour qu’une enquête rigoureuse et indépendante soit ouverte dans les plus brefs délais sur la cause de ces morts. L’organisation est particulièrement préoccupée par les conditions de surpeuplement imposées à ces détenus.
« L’enquête doit déterminer les circonstances précises dans lesquelles ces morts sont survenues et le degré de responsabilité des autorités policières à tous les niveaux, a déclaré Michelle Kagari, directrice du programme Afrique d’Amnesty International. La lumière doit être faite sur cette affaire et les mesures qui s’imposent doivent être prises afin d’éviter la répétition de tels événements, notamment en déférant à la justice tout responsable présumé de cette grave violation des droits humains et en veillant à ce que les familles des victimes reçoivent des réparations adaptées. »

