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L'Europe doit faire entendre sa voix plus fermement pour débloquer la crise humanitaire au Moyen-Orient

Alors que les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) se réunissent à Prague, Amnesty International les exhorte à ne pas ménager leurs efforts de pression sur l'État d'Israël pour qu'il mette fin à ses attaques disproportionnées ou visant des civils ou des bâtiments civils dans la Bande de Gaza, et pour qu'il permette l'entrée sur ce territoire de l'aide humanitaire dont la population a tant besoin. Dans une lettre adressée à la Troïka de l'UE à son retour du Moyen-Orient (disponible à l'adresse www.amnesty-eu.org), Amnesty International s'est déclarée particulièrement préoccupée par le fait que l'UE se soit jusqu'à présent montrée incapable de jouer un rôle décisif au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle l'a exhortée à travailler énergiquement avec tous les membres du Conseil de sécurité afin d'obtenir sans délai une trêve humanitaire. « Un million et demi de personnes sont de fait prises au piège dans la Bande de Gaza, au cœur d'une catastrophe humanitaire. Les États membres de l'UE doivent mettre de côté leurs divergences et envoyer un signal fort aux deux parties au conflit, a déclaré Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d'Amnesty International. « Afin de montrer sa détermination, l'Union européenne devrait suspendre les discussions sur le renforcement de ses relations avec Israël et s'attacher à obtenir de ce pays des engagements concrets pour mettre un terme à cette catastrophe humanitaire », a-t-il ajouté. Malgré les efforts de l'UE et d'autres démarches diplomatiques, le conflit s'est intensifié ces derniers jours et le nombre de victimes civiles augmente de jour en jour. À Gaza, des écoles et des universités sont prises pour cible, tandis que les médias et les organisations comme la Croix-Rouge sont tenus à l'écart. L'aide de l'UE n'est, elle non plus, pas autorisée à entrer dans la bande de Gaza. Parallèlement à cela, Amnesty International continue de demander l'arrêt des tirs de roquette persistants menés sans discrimination par des groupes armés palestiniens contre des zones civiles dans le sud d'Israël. « L'escalade de la violence des deux côtés est la preuve que les efforts diplomatiques n'ont pas eu d'effets significatifs. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent montrer leur détermination s'ils veulent que leurs efforts ne restent pas lettre morte », a souligné Nicolas Beger. Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU tiendra ce vendredi 9 janvier à Genève une session extraordinaire sur la situation dans la bande de Gaza. Amnesty International demande instamment à l'UE de faire tout son possible afin que cet organe clé de la protection des droits humains lance un appel clair à la cessation des violations des droits humains et du droit international humanitaire.