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Un avocat défenseur des droits humains disculpé en Indonésie

En Indonésie, un éminent avocat défenseur des droits humains a été reconnu non coupable des faits qui lui étaient reprochés, en lien avec un SMS qu'il était accusé d'avoir envoyé à des amis et à des membres de sa famille. Iwanggin Sabar Olif est membre de l'Institut pour la protection des droits humains (ELSHAM), une organisation papoue. Il risquait jusqu'à six ans d'emprisonnement. Le SMS demandait à ses destinataires d'être sur leurs gardes parce que le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono avait ordonné la mise en œuvre, avec l'armée, d'un programme meurtrier visant à « éradiquer » la population papoue par le biais d'empoisonnements et d'autres actions violentes. Iwanggin Sabar Olif a cependant toujours nié avoir écrit ou envoyé ce message, ou même l'avoir reçu. Il avait été inculpé aux termes de l'article 160 du Code pénal indonésien, qui réprime « toute personne qui incite oralement ou par écrit le public à commettre un acte répréhensible, un acte violent contre l'autorité publique ou tout autre acte de désobéissance ». Cet article a déjà été utilisé par le passé contre des défenseurs des droits humains dans diverses régions de l'Indonésie, notamment en Aceh, à Java, dans le Kalimantan-Ouest et dans les Moluques, dans le but d'empêcher l'exercice de la liberté d'expression et d'association. Le tribunal de district de Jayapura, dans la province de Papouasie, a cependant acquitté jeudi Iwanggin Sabar Olif de toutes les charges qui pesaient sur lui. Cette décision est intervenue près de deux semaines après que la Haute Cour de Papouasie a alourdi les peines d'emprisonnement prononcées contre 11 manifestants qui avaient été condamnés uniquement pour avoir déployé un drapeau interdit, et qui s'étaient pourvus en appel. Amnesty International a salué l'acquittement d'Iwanggin Sabar Olif, mais appelé les autorités indonésiennes à veiller à ce que l'article 160 ne soit plus utilisé pour porter atteinte au droit à la liberté d'expression. « Iwanggin Sabar Olif n'aurait jamais dû être arrêté. Sa détention d'octobre 2007 à janvier 2008 et le procès qui a suivi l'ont empêché de mener son action légitime de défenseur des droits humains en Papouasie pendant plus de quinze mois, a déclaré Donna Guest, d'Amnesty International. « Comme l'a recommandé Hina Jilani, à l'époque représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme, dans son rapport sur sa visite en Indonésie en juin 2007, des procédures devraient être mises en œuvre pour empêcher que les défenseurs des droits humains ne soient harcelés par le biais de poursuites judiciaires pour des activités faisant légitimement partie de leur travail de défense de ces droits. »